Dix personnes ont été interpellées le 23 septembre au Maroc après la diffusion en ligne d’appels à des passages collectifs vers Ceuta et Melilla. Deux des suspects sont âgés de 16 et 17 ans, selon les informations communiquées par les autorités marocaines.
Les opérations ont été menées dans huit villes : Témara, Béni Mellal, Casablanca, Taza, Marrakech, Fès, Taroudant et Nador. La DGSN a travaillé avec la DGST après l’identification de publications circulant sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie.
Des appels diffusés avant la date annoncée
Les enquêteurs reprochent aux personnes arrêtées d’avoir relayé des contenus présentant comme imminents des passages collectifs vers les clôtures de Ceuta et Melilla. Les publications évoquaient des préparatifs et invitaient des internautes à rejoindre les zones frontalières à une date déterminée.
Selon la DGSN, ses unités chargées de la surveillance numérique avaient repéré les contenus avant le 23 septembre. Les investigations techniques auraient ensuite permis de remonter jusqu’à plusieurs utilisateurs et de localiser certains d’entre eux avant le rassemblement prévu. Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue sous le contrôle des parquets compétents.
L’enquête doit encore déterminer le rôle précis de chacun et vérifier l’existence éventuelle de liens entre les différents comptes ou avec des réseaux organisant matériellement des passages clandestins. À ce stade, ces éventuels liens ne sont donc pas établis.
Un précédent massif fin juillet
Cette affaire intervient moins de deux mois après un épisode migratoire exceptionnel vers Ceuta. Les 30 et 31 juillet 2026, plus de 72 000 personnes avaient rejoint l’enclave espagnole depuis le Maroc, selon le ministère espagnol de l’Intérieur cité par plusieurs médias.
Les réseaux sociaux avaient joué un rôle important dans cet épisode. Des publications diffusées sur Facebook, Instagram et TikTok avaient propagé l’idée que la frontière était ouverte ou que les personnes arrivant à la nage ne pourraient pas être immédiatement renvoyées. Ces affirmations avaient été largement relayées alors qu’elles reposaient sur une interprétation déformée d’une décision de la Cour suprême espagnole.
Une vérification publiée fin juillet avait aussi établi qu’une vidéo présentée comme montrant un garde marocain ouvrant la frontière en 2026 remontait en réalité à 2021.
Des appels qui continuent de circuler
Après l’afflux de juillet, de nouvelles publications appelant à des passages collectifs ont continué à apparaître. Les autorités espagnoles avaient déjà surveillé des messages annonçant de nouvelles tentatives, dont certaines dates prévues au mois d’août. Des groupes publics consacrés à la migration vers Ceuta rassemblaient alors plusieurs dizaines de milliers de membres.
Les interpellations du 23 septembre montrent ainsi que les autorités marocaines surveillent désormais aussi la préparation numérique de ces mobilisations, avant leur éventuel passage à l’action sur le terrain.



