Nigeria : la présidence dément toute affaire pénale contre Tinubu aux États-Unis

La présidence nigériane a rejeté ce 3 septembre 2026 toute idée de poursuite pénale visant Bola Tinubu aux États-Unis. Dans un communiqué signé par le conseiller spécial à l’information, Bayo Onanuga, elle qualifie le dossier ouvert à Washington de simple litige civil relatif à l’accès aux documents publics.

Cette précision survient après que le FBI a demandé, le 20 août, l’autorisation de présenter à huis clos, devant la juge fédérale de Washington, des éléments justifiant le maintien sous scellés de certains documents relatifs à Tinubu. Cette démarche de l’agence, menée dans le cadre de la procédure FOIA, a alimenté des lectures que la présidence souhaite désormais rectifier.

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Une procédure civile et non pénale

Le communiqué insiste sur la nature du litige. « Il ne s’agit pas d’une affaire pénale contre le président Bola Ahmed Tinubu, et le tribunal ne l’a pas non plus reconnu coupable d’une quelconque infraction pénale », affirme la présidence. Le texte précise que la question soumise à la juge Beryl A. Howell porte uniquement sur la légalité des caviardages appliqués par le FBI et la DEA à 399 pages de documents transmis dans le cadre de l’action civile 23-1816, engagée en 2023 par Aaron Greenspan.

Les deux agences invoquent plusieurs exemptions prévues par la loi américaine sur la liberté d’information : protection du secret professionnel avocat-client, préservation de la vie privée, protection de sources confidentielles et des techniques d’enquête. Certains éléments resteraient également couverts par le secret des procédures du Grand Jury, non divulgables par la loi.

Un calendrier judiciaire encadré

La présidence rappelle les échéances fixées par le tribunal. Greenspan dispose jusqu’au 11 septembre 2026 pour répondre aux dépôts des défendeurs et de l’intervenant, tandis que le FBI, la DEA et l’intervenant ont jusqu’au 18 septembre pour répondre à leur tour. Le communiqué souligne que l’issue de l’affaire « sera déterminée sur la base des preuves, de la loi applicable et des arguments des parties », et non des prises de position publiques.

La présidence vise directement l’avocat Karl von Batten, présenté par elle comme s’étant positionné, avec son client, au centre de la procédure sans y être partie prenante. Le communiqué invite la presse nigériane à distinguer les actes judiciaires vérifiés des commentaires à connotation politique, dans un climat marqué par l’implication d’Atiku Abubakar, candidat de l’opposition à la présidentielle de janvier 2027.

Le dossier trouve son origine dans une enquête menée à Chicago au début des années 1990, ayant conduit à la confiscation de 460 000 dollars appartenant à Tinubu en 1993. Un élément resté longtemps ignoré du débat public : dès 2003, le consulat américain de Lagos avait informé l’inspecteur général de la police nigériane de l’époque qu’aucune vérification des dossiers du FBI n’avait révélé de casier judiciaire ni de mandat contre le gouverneur d’alors. En attendant la décision de la juge Howell, la présidence nigériane maintient sa position : aucune procédure pénale n’est engagée contre Tinubu aux États-Unis, seul le sort des documents caviardés reste entre les mains du tribunal.

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