Les navires qui franchiront la future zone tracée par Téhéran près du détroit d’Ormuz s’exposeront à des sanctions dans les prochains jours. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, a annoncé dimanche cette mesure sur la télévision d’État iranienne.
Une zone calquée sur le blocus américain
La nouvelle zone débutera précisément sur la ligne du blocus naval déjà imposé par la marine américaine, avant de s’étendre à plusieurs secteurs du Golfe persique. « Une zone interdite va être déclarée à l’extérieur du détroit d’Ormuz », a précisé Mohsen Rezaï, ajoutant que le dispositif engloberait des portions maritimes actuellement sous surveillance des forces américaines. Selon ses déclarations, tout bâtiment qui y pénétrerait serait automatiquement inscrit sur une liste de sanctions.
Cette annonce intervient alors que le détroit d’Ormuz est verrouillé par l’Iran depuis le déclenchement du conflit avec les États-Unis, le 28 février 2026, à la suite de frappes conjointes américano-israéliennes sur le territoire iranien. Le trafic de pétroliers dans cette voie maritime s’était alors effondré presque totalement.
Un passage vital pour l’économie mondiale
Avant la guerre, environ un quart du commerce pétrolier maritime mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié transitaient par ce détroit large de 33 kilomètres à son point le plus étroit, selon des données rapportées par le site AllAfrica. Cette artère achemine aussi des matières premières essentielles à près de 30 % de la production mondiale d’engrais, ainsi qu’à des industries comme l’aluminium.
Depuis mars, plusieurs dizaines de navires marchands, dont des pétroliers, cargos et vraquiers, ont été visés par des frappes à proximité du détroit. Ces incidents ont fait des dizaines de morts et de disparus parmi les marins, selon des données répertoriées par une agence maritime britannique. Les États-Unis ont de leur côté mis en place un blocus naval visant l’Iran ainsi qu’une opération d’escorte pour les navires transitant dans la zone.
Conséquence directe sur les prix de l’énergie
Cette nouvelle annonce iranienne intervient alors que le prix de l’essence a atteint son plus haut niveau depuis le début du conflit. L’extension du dispositif iranien, si elle se concrétise, pourrait renforcer davantage la pression sur les cours mondiaux du pétrole, dans un cadre déjà marqué par une chute quasi totale du trafic pétrolier régional depuis février. Aucune réaction officielle de Washington n’avait été communiquée dimanche soir concernant cette annonce iranienne.



