Pacte de La Mecque : la Russie verrait bien l'Algérie et l'Iran faire leur entrée

Une adhésion algérienne au pacte de défense de La Mecque serait bien accueillie par Moscou, a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lundi 7 septembre. Le chef de la diplomatie russe a également jugé qu’une participation de l’Iran constituerait l’étape la plus « pragmatique » vers le concept de sécurité collective défendu par la Russie pour le Golfe, selon des propos rapportés par l’agence Interfax.

Un accord signé au mois d’août

Le pacte, signé le 7 août 2026 entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, prévoit qu’une attaque armée contre l’un des trois signataires soit traitée comme une attaque contre l’ensemble du groupe. Cette clause reprend le principe de défense collective qui régit l’Alliance atlantique depuis sa création en 1949. Les trois pays fondateurs ont assuré à plusieurs reprises que l’accord restait ouvert à d’autres États, sans se limiter aux pays du Golfe. L’Égypte figure déjà parmi les candidats régulièrement cités pour un futur élargissement. « Je suis certain que si l’Algérie manifestait son intérêt, cela aurait également un effet positif à un moment donné », a déclaré Lavrov, cité par Interfax.

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Des relations anciennes entre Moscou et Alger

La relation entre la Russie et l’Algérie remonte à la guerre d’indépendance, durant laquelle Moscou avait apporté son soutien au Front de libération nationale. L’Algérie a été le premier pays africain à signer une déclaration de partenariat stratégique avec la Russie, en 2001. Les deux pays comptent aujourd’hui parmi leurs partenaires majeurs sur le plan énergétique et commercial en Afrique, et Lavrov a récemment évoqué l’Algérie comme favorite parmi les candidats à une adhésion aux BRICS.

La relation russo-iranienne suit une trajectoire différente, marquée par un resserrement de la coopération militaire et sécuritaire ces dernières années, dans le sillage du conflit en Ukraine. Un accord de partenariat stratégique entre les deux pays a été présenté par Lavrov fin 2024 comme un texte destiné à renforcer la paix et la sécurité régionales et mondiales, avec un volet défense et lutte antiterroriste explicitement mentionné.

Aucune réaction officielle pour l’instant

Ni Alger ni Téhéran n’ont réagi publiquement aux propos du ministre russe. L’Algérie a toujours privilégié le non-alignement dans sa politique étrangère et ne compte à ce jour aucune alliance de défense formelle comparable au mécanisme prévu par le pacte de La Mecque. La position de Téhéran reste également incertaine : les analystes soulignent que la méfiance persistante entre l’Iran et l’Arabie saoudite, ainsi que des divergences sur les dossiers yéménite, syrien et palestinien, compliquent toute intégration rapide du pays au dispositif. Ces déclarations restent, à ce stade, formulées comme de simples hypothèses par le chef de la diplomatie russe. Aucune démarche concrète n’a été annoncée du côté d’Alger ou de Téhéran.

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