RDC : le bilan d'Ebola dépasse celui de 2018-2020, l'épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée

Le virus Ebola a tué 3 007 personnes en République démocratique du Congo depuis la mi-mai, selon un bilan publié mercredi par l’Institut national de santé publique congolais. Sur 6 186 cas recensés au total, près d’un malade sur deux a succombé à la maladie.

Un bilan déjà supérieur à celui de 2018-2020

La flambée actuelle, provoquée par le virus Bundibugyo, a franchi en moins de quatre mois un seuil qu’il avait fallu près de deux ans à la précédente épidémie pour atteindre. Entre 2018 et 2020, la RDC avait déploré environ 2 300 morts pour 3 500 cas recensés dans l’est du pays. Cette fois, l’épidémie est partie de la province de l’Ituri, dans le nord-est, avant de gagner six provinces au total.

Contrairement à la souche Zaïre responsable des précédentes grandes épidémies, la variante Bundibugyo ne dispose encore d’aucune parade médicale approuvée. Un essai clinique de phase 3 portant sur le vaccin Ervebo, initialement conçu pour la souche Zaïre, a débuté fin août à Kisangani, où un premier lot de 16 250 doses est arrivé.

La progression du virus se heurte à l’insécurité qui règne dans les zones touchées, où plusieurs groupes armés sont actifs, ainsi qu’à la méfiance d’une partie des habitants envers le personnel médical déployé sur le terrain.

Un financement international encore insuffisant

Le secrétaire général de l’ONU a exhorté mardi les États membres à accélérer leur soutien face à une épidémie qu’il a qualifiée de « progression exponentielle ». Le plan de réponse humanitaire révisé pour 2026 évalue à 2,1 milliards de dollars le coût global de l’intervention, dont 300 millions fléchés vers la seule riposte anti-Ebola. Un peu plus de la moitié de cette enveloppe a pu être réunie jusqu’ici, laissant un manque à combler conséquent pour poursuivre les opérations.

La fin de l’épidémie en Ouganda

L’Ouganda, pays voisin touché par des cas exportés depuis la RDC, a déclaré close son épidémie, faute de nouveau cas signalé depuis plus de six semaines. Cette annonce contraste avec la situation congolaise, où le nombre de décès continue de croître chaque semaine, certains bilans hebdomadaires ayant dépassé les 300 morts, un rythme parmi les plus élevés enregistrés depuis le début de la crise.

Le pays a déclaré sa 17e épidémie d’Ebola en mai, cinq mois seulement après la fin de la précédente flambée, survenue dans la province du Kasaï fin 2025.

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