Russie : les scénarios d’une possible attaque contre un pays de l’OTAN dévoilés par le Danemark

Le renseignement militaire du Danemark a détaillé jeudi 24 septembre plusieurs scénarios dans lesquels la Russie pourrait mener une attaque militaire limitée contre un pays de l’OTAN. Dans sa nouvelle évaluation de la menace, le service danois FE estime que cette éventualité reste peu probable, mais que le risque augmente et qu’une telle opération pourrait survenir dans les prochains mois.

Cette analyse intervient après plusieurs incidents impliquant des drones en Europe. En Allemagne, les autorités ont attribué à Moscou la tentative d’attaque du 4 août contre l’aéroport de Leipzig/Halle, où un drone transportant des explosifs avait été découvert près d’un avion ukrainien puis neutralisé ; la Russie a rejeté cette accusation. En Roumanie, le ministère de la Défense avait comptabilisé 27 entrées non autorisées de drones dans l’espace aérien depuis le début de 2026 au 23 septembre, contre neuf sur l’ensemble de 2025. Jeudi matin, un autre petit drone a pénétré dans l’espace aérien roumain pendant environ quatre minutes avant de s’écraser près de Solca, sans victime ni dégât matériel. Ces épisodes montrent les difficultés qui peuvent se poser pour déterminer rapidement l’origine et la nature de certains appareils, une question présente dans plusieurs hypothèses étudiées par les services danois.

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Des drones, des missiles ou une opération sous faux drapeau

L’hypothèse étudiée par le FE ne correspond pas à une offensive destinée à occuper durablement un territoire. Selon son directeur, Thomas Ahrenkiel, une action limitée pourrait chercher à créer des divisions entre les membres de l’Alliance plutôt qu’à conquérir un pays. « L’objectif n’est pas de prendre le contrôle du pays, mais de diviser l’OTAN », a-t-il déclaré.

Parmi les scénarios présentés figure une frappe isolée utilisant un drone ou un missile contre une infrastructure servant au soutien de l’Ukraine. Les services danois envisagent également une opération sous faux drapeau menée avec des drones de fabrication ukrainienne. Une autre hypothèse prévoit l’envoi d’un nombre limité de soldats russes dans une zone frontalière de l’OTAN, éventuellement sans insignes permettant de déterminer immédiatement leur appartenance.

Une opération terrestre de plus grande ampleur nécessiterait une préparation différente. Le FE estime qu’une concentration suffisante de forces russes demanderait plusieurs mois et serait difficile à dissimuler. Les services danois ne disent observer actuellement aucun signe indiquant la préparation d’une offensive de grande ampleur contre un ou plusieurs membres de l’Alliance.

Les opérations hybrides jugées plus probables à court terme

À plus court terme, Copenhague prévoit surtout une intensification des opérations hybrides. Le FE estime que la Russie pourrait multiplier ses actions contre les pays occidentaux et l’OTAN dans les prochains mois, avec des conséquences potentiellement plus importantes pour les États visés. Moscou nie mener une campagne de sabotage contre les pays de l’Alliance ou préparer une confrontation avec celle-ci.

Les infrastructures essentielles et les circuits utilisés pour acheminer du matériel vers l’Ukraine font partie des secteurs surveillés. Le renseignement danois cite parmi les risques des cyberattaques destructrices susceptibles de perturber des services essentiels ainsi que des sabotages pouvant provoquer des victimes.

Des infrastructures renforcées sur le flanc oriental

Plusieurs pays ont déjà renforcé la protection de certaines installations. En Lituanie, une future sous-station électrique située à une trentaine de kilomètres de l’enclave russe de Kaliningrad doit recevoir des protections contre les drones et d’autres formes de sabotage. Les dispositifs de sécurité prévus pour cette installation ont ajouté au moins 48 millions d’euros à son coût.

Le FE distingue toutefois ces menaces d’une offensive russe généralisée contre l’Alliance. Son évaluation considère toujours une telle opération comme hautement improbable à court terme et ne relève aucun préparatif en ce sens. L’avertissement publié jeudi porte principalement sur le risque d’une opération militaire limitée et sur celui, considéré comme plus immédiat par les services danois, d’une multiplication des actions hybrides.

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