Laurent Nuñez a affirmé mercredi 23 septembre sur France 2 que la Russie menait une « guerre hybride » contre la France. Le ministre de l’Intérieur a expliqué que les autorités françaises renforçaient leur préparation face aux cyberattaques, aux sabotages et aux actions susceptibles de toucher des infrastructures sensibles.
« La Russie nous mène une guerre hybride », a déclaré Laurent Nuñez au journal de 20 heures. Deux jours auparavant, le ministre avait déjà décrit cette menace comme « réelle et documentée », en se référant aux informations recueillies par les services de renseignement français et européens.
Cette appréciation ne signifie cependant pas que chaque incident récent soit attribué à Moscou. Nuñez avait précisé le 21 septembre qu’aucun sabotage majeur ni survol de drone constaté en France n’avait alors été imputé à la Russie. Les autorités françaises distinguent les opérations formellement attribuées à Moscou des affaires pour lesquelles les investigations se poursuivent.
Les sites sensibles placés sous surveillance
La réponse française concerne d’abord les installations dont l’arrêt ou la dégradation pourrait perturber le fonctionnement du pays. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de renforcer les mesures concernant les infrastructures critiques et les sites liés à l’industrie de défense.
Les exploitants des installations, les forces de sécurité et les services de renseignement doivent coordonner leurs actions. Les autorités prennent en compte plusieurs types de risques : attaques informatiques, drones, sabotages ou campagnes de manipulation de l’information.
Le gouvernement veut également organiser cette préparation à l’échelle locale. Le 17 septembre, le ministre de l’Intérieur a réuni les préfets de zone en présence de la ministre des Armées Catherine Vautrin et du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale Nicolas Roche.
Les préfets préparent les services à différents scénarios
Dans les prochaines semaines, les préfets de département doivent réunir les services susceptibles d’intervenir lors d’une crise majeure. Le ministère de l’Intérieur veut ainsi améliorer la coordination entre les services de l’État et les acteurs territoriaux, tout en vérifiant leur capacité à maintenir les activités essentielles.
Un premier exercice de résilience doit être organisé dans l’Hérault, avant que le dispositif soit testé ailleurs. Les autorités préparent également un exercice national consacré aux conséquences d’une panne électrique de grande ampleur. Prévu au premier semestre 2027, il prendra la forme d’une simulation entre les différents responsables, sans coupure réelle d’électricité.
Des opérations de cyberespionnage attribuées à la Russie
La France a déjà publiquement désigné des structures russes dans plusieurs affaires informatiques. Le 13 juillet 2026, les autorités françaises ont attribué au 16e Centre du FSB russe, et plus précisément à son unité 61240, des opérations d’espionnage numérique visant des intérêts français. L’ANSSI indique avoir identifié depuis 2010 des activités menées en France et associées au mode opératoire Turla utilisé par cette structure.
Les cibles recensées au fil des années comprennent des administrations et des organismes travaillant dans des secteurs sensibles. En février 2025, un institut de recherche collaborant avec l’industrie française de défense avait subi une compromission ayant conduit à l’exfiltration d’un volume important de données, selon le ministère français des Affaires étrangères.
Quatre jours après l’attribution publique de juillet, Paris avait convoqué le chargé d’affaires russe. Le Quai d’Orsay avait indiqué que cette convocation concernait les activités informatiques attribuées au 16e Centre du FSB. Les autorités françaises avaient alors annoncé leur intention de poursuivre leurs actions contre les opérations qu’elles attribuent à Moscou.



