Un policier a été placé en garde à vue à Tours dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 septembre, après avoir percuté un motard lors d’un rodéo urbain. L’accident, survenu vers 19 heures à Saint-Pierre-des-Corps, en Indre-et-Loire, a déclenché huit heures d’affrontements entre riverains et forces de l’ordre.
Le motard, blessé à la jambe, avait d’abord ignoré une sommation à s’arrêter avant que son deux-roues ne heurte la voiture de police et ne chute au sol, précise le parquet de Tours, cité par Le Figaro. Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue pour « blessures routières ».
Des affrontements jusqu’à quatre heures du matin
L’accident a immédiatement provoqué un attroupement. Plusieurs dizaines de jeunes ont fait face aux forces de l’ordre, leur lançant des projectiles et des tirs de mortiers d’artifice, selon une source policière. Les violences se sont prolongées jusqu’à 4 heures du matin.
Le bilan matériel reste incertain selon les sources : entre deux et trois véhicules de police auraient été incendiés, aux côtés de véhicules administratifs et appartenant à des particuliers, selon la préfecture. Le nombre de policiers et gendarmes blessés varie également d’une source à l’autre, entre huit et neuf agents.
Cinq personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour « participation avec arme à un attroupement avec visage dissimulé », une qualification pénale prévue par l’article 431-3 du Code pénal, qui vise spécifiquement les rassemblements où des participants dissimulent volontairement leur visage pour échapper à leur identification. Ce chef d’accusation, plus lourd qu’une simple dégradation de bien public, expose les mis en cause à des peines aggravées.
Un quartier déjà marqué par des violences urbaines
Le quartier de la Rabaterie, théâtre de la nuit du 19 au 20 septembre, avait déjà connu des scènes similaires en juillet 2023. Après la mort de Nahel Merzouk, tué par un policier à Nanterre à la suite d’un refus d’obtempérer, une dizaine de véhicules avaient été incendiés dans ce même quartier de Saint-Pierre-des-Corps, provoquant une inquiétude durable chez certains riverains pour la sécurité de leur logement.
Le phénomène des refus d’obtempérer impliquant des mineurs a par ailleurs fait l’objet de plusieurs alertes parlementaires ces dernières années. Une question écrite adressée à l’Assemblée nationale évoquait près de 4 000 mineurs impliqués dans des délits routiers, dont des refus d’obtempérer, un chiffre révélateur de l’ampleur nationale de ce type d’incidents. Dimanche matin, la situation était redevenue calme, a indiqué une source policière.



