Cinq blocs pétroliers et gaziers sénégalais s’ouvrent aux études techniques du groupe italien Eni. Le ministère de l’Énergie et du Pétrole du Sénégal et Eni S.p.A. ont paraphé, en marge de Gastech 2026, un protocole d’accord couvrant les blocs SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M.
Un programme d’études à la charge d’Eni
Le dispositif prévoit qu’Eni finance, sans frais pour l’État sénégalais, un vaste programme d’études destiné à approfondir la compréhension géologique du sous-sol concerné. La compagnie italienne exploitera l’ensemble des relevés sismiques existants ainsi que les résultats de forages antérieurs pour jauger le potentiel en hydrocarbures des zones visées. Des ateliers techniques communs et des échanges d’expertise entre les deux parties accompagneront cette phase. Selon le ministère, ce protocole reste une étape d’études et de discussions : il ne vaut ni octroi d’un permis d’exploration ni engagement contractuel, toute suite éventuelle restant soumise aux procédures légales sénégalaises en vigueur.
Des partenariats tissés depuis les années 2010
Ce rapprochement avec Eni s’ajoute à une série d’accords noués par Dakar avec des compagnies internationales depuis plus d’une décennie. En 2011, la République du Sénégal, PETROSEN et African Petroleum avaient signé un contrat de recherche portant sur le bloc Sénégal Offshore Sud Profond, sur une zone de 7 920 km². En 2017, Total avait conclu deux accords avec l’État sénégalais, dont un contrat d’exploration sur le bloc Rufisque Offshore Profond, où le groupe français détenait 90 % des parts aux côtés de PETROSEN. Ces engagements avaient débouché en 2024 sur le démarrage de la production du champ Sangomar, opéré par Woodside Energy, première exploitation pétrolière du pays.
Plus récemment, en avril 2026, KOSMOS Energy et PETROSEN avaient signé un accord de retrait conjoint sur le bloc gazier de Cayar, sans contrepartie financière pour l’État. Eni lui-même a multiplié les entrées dans la sous-région ces derniers mois, avec un accord de licence sur le bloc A1 en Gambie début juin 2026, puis un accord de reconnaissance portant sur quinze blocs offshore en Guinée quelques jours plus tard. Le protocole signé avec Dakar rejoint ainsi une dynamique régionale plus large, celle du bassin MSGBC, qui réunit Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau et Guinée, et qui attire un nombre croissant de majors internationales.
PETROSEN en position centrale
Le protocole confirme le rôle de PETROSEN comme partenaire technique de référence dans le dispositif. Le gouvernement sénégalais entend s’appuyer sur la société nationale pour renforcer ses capacités techniques et opérationnelles, tout en consolidant son rôle dans l’évaluation des ressources et le développement de partenariats stratégiques avec les investisseurs internationaux.
« Le Sénégal dispose d’un bassin sédimentaire à fort potentiel que nous voulons mieux connaître, promouvoir et valoriser », a déclaré le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, cité dans le communiqué officiel. Le ministère précise que l’État entend consolider son positionnement parmi les destinations attractives pour l’investissement énergétique en Afrique, tout en veillant à ce que le développement des ressources contribue à la sécurité énergétique et au développement économique du pays. Le Sénégal compte actuellement 113 blocs pétroliers et gaziers, dont seuls quatre faisaient l’objet d’un contrat avant l’ouverture récente de plus de cent zones aux investisseurs internationaux.



