Une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky au sommet du G20 de Miami, en décembre, n’aura pas lieu. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé cette hypothèse « impossible » depuis New Delhi, samedi 12 septembre, en réaction à une interview accordée par le président ukrainien à la chaîne allemande Deutsche Welle. Ce n’est pas la première tentative de Zelensky : en juin, il avait proposé, dans une lettre ouverte, de le rencontrer « en Suisse, en Turquie ou dans les pays du monde arabe », puis évoqué une réunion aux États-Unis lors d’un appel avec Donald Trump— deux offres restées sans suite côté russe.
Une rencontre conditionnée à Moscou
Le premier argument opposé par le Kremlin porte sur le lieu. Interrogé sur une alternative à Miami, Peskov a maintenu la position habituelle : « Il y a une volonté de le rencontrer à Moscou ». Cette exigence n’a pas varié depuis des mois, quelle que soit la proposition formulée par Kiev.
Une rencontre pour signer, pas pour négocier
La deuxième raison tient à la nature que Moscou attribue à un futur sommet. Le Kremlin répète qu’une rencontre au plus haut niveau ne doit intervenir qu’une fois un accord préparé par des experts, pour en acter la conclusion. Peskov l’avait résumé en juillet : « Une réunion au plus haut niveau doit mettre fin au règlement (…) Il est impossible de faire autrement ». Un sommet en marge du G20 arriverait, selon cette logique, avant tout accord de fond.
La légitimité de Zelensky contestée
Moscou conteste régulièrement la légitimité de Zelensky à négocier, rappelant que son mandat présidentiel a expiré en mai 2024, aucune élection n’ayant pu se tenir en Ukraine sous loi martiale. Cet argument sert de justification supplémentaire pour retarder tout engagement direct tant qu’un accord n’a pas été validé par ailleurs.
Le Kremlin n’a lui-même pas confirmé la participation de Poutine au G20, affirmant ne pas savoir « si nous irons à Miami ou non ».
Des frappes réciproques sur les infrastructures énergétiques
Ce blocage diplomatique se déroule alors que les deux pays intensifient leurs frappes sur leurs infrastructures énergétiques respectives. Depuis l’été, l’Ukraine cible des raffineries et ports pétroliers russes, avec des frappes ayant touché des sites à Tuapse et à Perm, situés loin de la frontière ukrainienne. Poutine a reconnu début septembre des dommages équivalant à environ 1 % du PIB russe. La Russie a de son côté multiplié les frappes sur le réseau gazier et électrique ukrainien à l’approche de l’hiver : selon Naftogaz, les dégâts sur les infrastructures gazières atteignent 1,1 milliard de dollars.
Depuis le déclenchement de l’invasion en février 2022, aucune rencontre directe entre les deux chefs d’État n’a eu lieu.



