Sortie de Schengen, de l'euro, déportations : ce que prévoit l'AfD si elle accède au pouvoir en Allemagne

Fermer les frontières allemandes, quitter l’espace Schengen et abandonner l’euro : voilà le programme que la co-présidente de l’AfD Alice Weidel a détaillé lors du ZDF-Sommerinterview du 24 août. Ce parti d’extrême droite, arrivé en tête des élections régionales de Saxe-Anhalt le 6 septembre avec 43,9 % des voix, revendique désormais une capacité réelle à gouverner l’Allemagne.

Une monnaie unique jugée « instable »

Weidel a qualifié l’euro de « monnaie molle et instable« , responsable selon elle d’un « vaste transfert de richesses » au détriment des travailleurs allemands. La présidente du parti affirme que l’économie allemande se portait mieux avant l’introduction de la monnaie unique en 2002, un argument déjà présent dans le programme électoral de l’AfD pour les législatives de 2025. Le fact-check du ZDF, diffusé après l’entretien, a relevé que cette comparaison omettait plusieurs variables macroéconomiques majeures survenues sur la période.

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Schengen visé après l’exemple contesté de Ceuta

Sur les questions migratoires, Weidel a cité la pression migratoire à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, pour justifier une sortie de l’espace Schengen. Elle a affirmé vouloir mettre fin à ce qu’elle appelle les « frontières ouvertes » et annoncé le renvoi des 1,3 million de Syriens résidant en Allemagne. Le fact-check du ZDF a contredit cet exemple : la Commission européenne a précisé dès 2022 que le droit Schengen s’applique à Ceuta, sous réserve de contrôles d’identité et de documents spécifiques à la sortie vers le continent, et aucun élément ne confirme un lien entre les événements récents à Ceuta et une arrivée de migrants en Allemagne.

Des déportations promises dès les 100 premiers jours

Lors du congrès du parti à Riesa, Weidel avait déjà détaillé les mesures prévues pour les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement AfD : basculement des aides en espèces vers des aides matérielles pour les demandeurs d’asile, suppression des prestations sociales pour les non-résidents, et lancement de ce qu’elle a présenté comme les plus importantes déportations de l’histoire allemande. Elle avait alors assumé publiquement le terme de « remigration ».

Un parti classé extrémiste, une procédure judiciaire en cours

L’office fédéral de protection de la Constitution (BfV) a classé l’AfD comme « gesichert rechtsextremistisch » — extrémiste de droite avéré — en mai 2025, à l’issue d’une enquête de trois ans. Le tribunal administratif de Cologne a suspendu cette classification le 26 février 2026, dans l’attente d’un jugement sur le fond, sans écarter les indices de tendances anticonstitutionnelles relevés par les autorités. Cinq Länder — Saxe, Saxe-Anhalt, Thuringe, Brandebourg et Basse-Saxe — maintiennent une classification extrémiste confirmée pour leurs sections locales respectives.

Un pouvoir encore hors de portée au niveau fédéral

La victoire du 6 septembre en Saxe-Anhalt ne permet pas à l’AfD de gouverner seule ce Land, faute de majorité absolue de trois sièges. Au niveau fédéral, où le prochain scrutin est attendu avant le 25 mars 2029, l’ensemble des partis établis — CDU/CSU, SPD, Verts et Die Linke — continuent d’exclure toute coalition avec le parti, un principe désigné en Allemagne sous le nom de « pare-feu ». Le parti pèse actuellement autour de 28 % dans les intentions de vote nationales, en tête devant la CDU du chancelier Friedrich Merz.

7 commentaires sur « Sortie de Schengen, de l'euro, déportations : ce que prévoit l'AfD si elle accède au pouvoir en Allemagne »

  1. La percée de AFD a été applaudie par Trump et Elon Musk, je me retiens pour ne pas lancer dans des épithètes.
    Avant l’union Européenne le Deutch Mark a été la monnaie ayant une forte cote derrière le British Pound.
    Sortir de Schengen, et quitter l’Union Européenne laissera non seulement un goût amer, mais affaiblirait l’Allemagne dans tous les domaines. Et poursuivre la politique Trumpienne conduirait l’Allemagne dans les précipices vers une crise économique comme celle qui se dessine présentement à l’horizon aux USA.
    Les Américains ne savaient comment bon ils l’ont, et maintenant ils sont entrain de tout perdre sous Trump; voire leur premier amendement.
    Avant qu’AFD ne se lance dans une telle poursuite jugée désastreuse, qu’elle ne juge pas à la légère le passé de l’Allemagne.
    Peut-être l’oiseau Sankofa leur enseignera sa leçon

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  2. Après, c’est pour aller commettre un génocide en Afrique (Namibie contre les Naman et les Hereros) pour s’emparer des terres.

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  3. L’AfD propose de renouer avec son fournisseur de gaz pas cher, histoire de relancer son industrie. Enfin des gens qui ont le ses des réalités.

    Il est temps que le pragmatisme revienne à l’honneur. L’idéologie, c’est bien quand la matérielle est assurée, sinon, c’est la ruine

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    • « quand la matérielle est assurée »

      S’il persistait des doutes sur ta fréquentation des livres et de la littérature, on est fixés

      Pour préparer ton bac, commence par faire quelques dictées, c’est du brevet, mais au moins les correcteurs te liront jusqu’au bout

      \\\\.///
      (@_@)

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  4. En Allemagne, les deux personnes les plus raisonnables et les plus intelligentes sont deux femmes, l’une à l’extrême-gauche, l’autre à l’extrême-droite.
    C’est quoi ce bordel ? ? ?

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