"Totalement inacceptable" : une statue russe montrant la destruction du symbole du Japon déclenche la colère de Tokyo

Une statue en bronze inaugurée vendredi à Khabarovsk, en Extrême-Orient russe, montre un soldat soviétique en train de détruire une stèle ornée du chrysanthème, emblème impérial du Japon. Le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a confirmé la mise en place de ce monument le jour même de son dévoilement.

Une réaction immédiate de Tokyo

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a réclamé samedi le retrait pur et simple de l’ouvrage. Selon des propos rapportés par l’agence Kyodo News, elle a jugé « totalement inacceptable » la représentation de la destruction d’un symbole national japonais sur le territoire russe. Motegi a de son côté qualifié l’initiative de « regrettable » et de nuisible aux relations bilatérales entre les deux pays.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Le chrysanthème figure sur le sceau impérial du Japon depuis des siècles et reste associé à la monarchie ainsi qu’à la souveraineté nationale. Sa représentation brisée sur un monument public constitue, pour Tokyo, une provocation directe.

Un calendrier lié à la Seconde Guerre mondiale

Le dévoilement du monument a coïncidé avec la commémoration, jeudi, de la victoire soviétique sur le Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette date renvoie à l’invasion soviétique de la Mandchourie, lancée le 9 août 1945 sous le nom d’opération Tempête d’août, quelques jours après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Plus d’1,5 million de soldats soviétiques avaient alors été engagés contre l’armée japonaise du Kwantung, précipitant la capitulation de Tokyo, officialisée le 15 août puis signée formellement début septembre 1945.

Moscou a par ailleurs renommé récemment sa fête commémorative liée à cette victoire, un geste qui accentue la portée symbolique de la nouvelle statue aux yeux des autorités japonaises.

Un contentieux territorial toujours ouvert

Les relations russo-japonaises restent marquées par le différend sur les îles Kouriles, appelées « Territoires du Nord » par le Japon, occupées par l’Union soviétique à la fin de la guerre et jamais restituées. Aucun traité de paix n’a formellement mis fin à l’état de guerre entre les deux pays depuis 1945.

À ce stade, la Russie n’a pas répondu publiquement à la demande de retrait formulée par Tokyo. Le monument reste en place à Khabarovsk, ville de plus de 600 000 habitants située à une trentaine de kilomètres de la frontière chinoise.

Laisser un commentaire