Trois ans après la dette cachée, le FMI signe son retour au Sénégal avec 2,2 milliards de dollars

Un accord au niveau des services — l’étape technique préalable à toute validation du FMI — a été trouvé mardi 1er septembre entre Washington et Dakar pour un programme évalué à 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Ce nouveau cadre de financement doit relancer le soutien du Fonds monétaire international au Sénégal.

Une mission de quatorze jours à Dakar

L’accord fait suite à une mission conduite dans la capitale sénégalaise par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, du 19 août au 1er septembre. Cette visite, deux fois plus longue que celle de juin dernier, intervient après vingt-deux mois sans programme actif entre les deux parties. Le blocage remonte à la suspension du précédent accord de financement, d’un montant de 1,8 milliard d’euros, après la révélation par les nouvelles autorités sénégalaises d’irrégularités dans la comptabilisation de la dette publique sous l’administration précédente.

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Cette dette non déclarée, couvrant la période 2019-2023, avait été confirmée par un rapport de la Cour des comptes publié en février 2025. Ses estimations ont varié selon les sources, entre 7 et plus de 11 milliards de dollars.

Un accord encore soumis à conditions

Le nouveau programme, prévu pour la période 2026-2029, repose sur un mécanisme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit. Il doit encore recevoir l’aval de la direction du FMI, puis celui de son conseil d’administration. Selon Vera Martin, cette approbation nécessite des mesures correctives résolues pour appuyer la demande de dérogation des autorités dans le cadre des déclarations erronées de données. L’accord dépend également de la réception des assurances de financement attendues de la part des partenaires du Sénégal.

Ce futur programme viserait à rétablir la viabilité des finances publiques, renforcer la mobilisation des recettes internes et rationaliser les dépenses, tout en protégeant les ménages vulnérables via des mécanismes de transferts ciblés, d’après les orientations diffusées par l’institution.

Une dette proche de 132 % du PIB

Le fardeau de la dette publique sénégalaise atteindrait aujourd’hui 132 % du produit intérieur brut, un seuil que le FMI juge non soutenable en l’état. Son remboursement absorberait environ 5 500 milliards de francs CFA, soit près de 9,1 milliards de dollars, une part croissante des recettes fiscales du pays.

L’institution reconnaîtrait la solidité de l’économie sénégalaise, dont la croissance a atteint 6,7 % en 2025, portée par le démarrage de la production pétrolière. Cet accord pourrait aussi ouvrir la voie à des financements complémentaires de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Ce dossier fait suite à un précédent programme MEC/FEC combiné à une Facilité pour la résilience et la durabilité, signé en mai 2023 pour un montant de 1,526 milliard de dollars, avant sa suspension liée au scandale de la dette dissimulée.

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