ONU : la candidature de Macky Sall recule, le soutien de Diomaye Faye n'a pas suffi

Cinq membres du Conseil de sécurité ont voté « encourage » pour Macky Sall lors du troisième scrutin consultatif organisé le 18 septembre pour désigner le prochain secrétaire général des Nations unies. L’ancien président sénégalais recueille par ailleurs neuf votes « discourage » et une « no opinion« , contre six encouragements et sept avis défavorables lors des deux premiers tours.

Un score stable pendant deux mois, puis un décrochage

Depuis le lancement du processus le 30 juillet, la candidature de Sall affichait une constance nette. Le premier vote lui attribuait six voix favorables, sept défavorables et deux abstentions. Le second scrutin, tenu le 21 août, reproduisait exactement ce résultat, chiffre pour chiffre. Cette stabilité plaçait alors l’ancien chef d’État sénégalais en quatrième position du classement, juste derrière l’Argentin Rafael Grossi.

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Le troisième tour rompt cette dynamique. Sall perd un soutien et gagne deux oppositions supplémentaires, un mouvement inverse de celui observé chez les deux favorites actuelles. Rebeca Grynspan, ex-vice-présidente du Costa Rica, mène désormais la course avec neuf encouragements et cinq désapprobations, devant la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, créditée de huit voix favorables. Pour Daniel Forti, responsable des affaires onusiennes à l’International Crisis Group, aucune des deux candidates en tête n’a encore verrouillé assez de soutiens au Conseil pour échapper à la menace d’un veto d’un membre permanent.

Le soutien tardif de Diomaye Faye n’a pas suffi

La candidature de Sall a longtemps souffert d’un défaut d’ancrage national. Aucun dossier n’avait été transmis par Dakar au moment de son lancement : c’est le Burundi, via son président Évariste Ndayishimiye, alors à la tête de l’Union africaine, qui avait formellement porté sa candidature à New York le 2 mars. Une coalition de 85 partis d’opposition sénégalais avait dû interpeller directement le président Bassirou Diomaye Faye pour réclamer un soutien officiel.

Ce dernier avait fini par endosser la candidature de son prédécesseur en juillet, un geste salué par certains responsables de l’opposition mais toujours contesté par le parti au pouvoir, le Pastef, qui tient Sall pour responsable de la mort de plusieurs dizaines de manifestants entre 2021 et 2023. Cet appui tardif de Dakar n’a toutefois pas empêché la dégradation constatée lors du troisième straw poll, intervenue près de deux mois après ce ralliement.

Huit candidats encore en lice

La course reste ouverte à huit prétendants, dont l’Ougandais Olara Otunnu (5-7-3) et Rafael Grossi (5-8-2), qui talonnent Sall au classement. Lors du scrutin de 2016 ayant désigné António Guterres, six tours de straw polls avaient été nécessaires avant qu’un consensus n’émerge au sein du Conseil de sécurité. Le prochain vote est attendu juste après la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, qui doit permettre de mesurer si les deux candidates en tête consolident leur avance ou si la compétition s’ouvre à de nouveaux noms.

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