Plus de cent publications générées par intelligence artificielle ont envahi le compte Truth Social de Donald Trump en l’espace de quelques heures, le week-end du 6 et 7 septembre. Plusieurs élus démocrates ont aussitôt réclamé l’activation du 25e amendement, un mécanisme constitutionnel permettant d’écarter un président jugé incapable d’exercer ses fonctions.
Des scénarios générés par IA en série
Le président américain s’est montré dans des dizaines de mises en scène fabriquées par IA au fil du week-end : une rencontre imaginaire avec George Washington, une armée de robots à ses ordres, et même une frappe présentée comme nucléaire depuis l’espace. La Maison Blanche a elle-même relayé sur X une vidéo le représentant en super-héros Green Lantern, survolant une ville aux côtés de navires de guerre et de chasseurs, accompagnée du serment fictif de la Justice League.
Une autre publication le montrait plaquant le Premier ministre canadien Mark Carney, en tenue de hockey. Une image reprise par la Maison Blanche affichait par ailleurs une carte du Nouveau-Mexique où le mot « Mexico » était barré et remplacé par « America », relançant les spéculations sur un possible changement de nom de l’État.
Des élus dénoncent un comportement jugé inquiétant
La représentante démocrate Chellie Pingree, élue du Maine, a jugé sur X qu’il s’agissait d’un comportement véritablement dérangé, rejetant l’idée que le président se contenterait de troller ses opposants. La gouverneure du Nouveau-Mexique, Michelle Lujan Grisham, a affirmé que le nom de son État n’est pas sujet à débat, l’accusant de vouloir détourner l’attention de sa gestion du dossier iranien. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom, régulièrement visé par ces publications, a répondu de façon laconique aux memes le concernant.
Un mécanisme resté sans suite depuis des mois
Le 25e amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1965 après l’assassinat de John F. Kennedy, permet au vice-président et à la majorité du Cabinet de déclarer par écrit au Congrès l’incapacité du président à exercer ses fonctions. Si celui-ci conteste cette décision, une majorité des deux tiers dans les deux chambres du Congrès serait nécessaire pour le maintenir écarté du pouvoir.
Ni le vice-président JD Vance, ni aucun membre du Cabinet, n’ont laissé entendre qu’ils envisageaient d’y recourir. Des appels similaires avaient déjà émergé en avril, après des menaces adressées à l’Iran sur Truth Social, ainsi qu’en juillet, lors d’une précédente série de publications qualifiée par des commentateurs d’épisode de santé mentale. Un sondage récent indique qu’une majorité d’Américains porte un regard négatif sur les contenus générés par IA publiés par le président, dont une vidéo montrant l’ancien président Barack Obama arrêté dans le Bureau ovale.




C’est presque trop tard pour s’inquiéter !
On ne peut pas dire que les « maîtres du monde » maîtrisent leur merveilleux système politique : la Démocratie