Les discussions russo-américaines sur l’Ukraine reposeraient, selon Sergueï Lavrov, sur deux éléments attribués à Donald Trump : l’abandon de l’adhésion de Kyiv à l’OTAN et la prise en compte des « réalités sur le terrain ». Ces déclarations interviennent après une nouvelle mission diplomatique américaine à Moscou et Kyiv et un échange téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Sergueï Lavrov a détaillé le 8 septembre ce que Moscou dit retenir de la position de Donald Trump sur le conflit en Ukraine, quelques jours après les rencontres des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Le même jour, Trump et Poutine se sont entretenus au téléphone et ont convenu de maintenir leurs contacts, sans annonce d’une avancée décisive.
Deux éléments retenus par Moscou
Selon le chef de la diplomatie russe, les échanges avec les représentants américains reposent d’abord sur le refus de relancer la perspective d’une adhésion ukrainienne à l’OTAN. Lavrov affirme que Trump considère cette question comme réglée et qu’il n’est pas nécessaire de chercher à la remettre à l’ordre du jour.
Le second élément concerne les « réalités sur le terrain ». Lavrov insiste sur une interprétation plus large que la seule question territoriale. Selon lui, Moscou comprend cette expression comme une référence aux populations vivant dans les territoires concernés et aux choix politiques que la Russie affirme avoir constatés lors des référendums qu’elle revendique. Cette lecture concerne, selon le ministre russe, la Crimée ainsi que les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson.
Cette interprétation reste celle de Moscou et ne constitue pas une reconnaissance internationale de ces revendications territoriales.
Witkoff et Kushner ont rencontré Poutine puis Zelensky
Ces déclarations sont intervenues après le déplacement de Steve Witkoff et Jared Kushner en Russie puis en Ukraine. Les deux émissaires américains ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou le 5 septembre pendant environ trois heures, avant de poursuivre leur mission à Kyiv avec Volodymyr Zelensky.
À l’issue de ces échanges, aucune percée diplomatique n’a été annoncée. Zelensky a toutefois indiqué que les représentants américains avaient présenté plusieurs propositions qu’il jugeait sérieuses. Il a également annoncé que des discussions préparatoires pourraient se poursuivre entre responsables ukrainiens, américains et européens avant une éventuelle rencontre trilatérale.
Les prochaines discussions pourraient porter sur plusieurs dossiers, dont les livraisons de céréales, les infrastructures énergétiques et les échanges de prisonniers. Le président ukrainien a également indiqué vouloir discuter avec Trump d’un soutien supplémentaire à la défense antiaérienne avant l’hiver.
Trump et Poutine maintiennent le contact
Le 8 septembre, Donald Trump et Vladimir Poutine ont prolongé cette séquence diplomatique par un entretien téléphonique d’environ une heure. Selon le Kremlin, les deux dirigeants ont évalué positivement la mission de leurs représentants et discuté des moyens permettant aux États-Unis de contribuer à la fin du conflit. Poutine aurait également présenté à Trump son analyse de la situation militaire.
Trump a, selon la même source, insisté sur son souhait de parvenir rapidement à la fin de la guerre. Il estime qu’un règlement permettrait aussi une reprise des relations économiques et commerciales entre Washington et Moscou. Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre les échanges et ont également évoqué la nécessité de maintenir les échanges de prisonniers.
Lavrov, de son côté, a dénoncé le discours de responsables européens présentant simultanément la Russie comme affaiblie par la guerre et comme une menace susceptible d’attaquer l’Europe. Il a jugé cette présentation contradictoire et peu sérieuse.
Le ministre russe a également affirmé que Moscou ne prévoyait pas d’attaquer les pays européens, tout en avertissant que la situation serait, selon lui, radicalement différente si la Russie était attaquée. Ces propos interviennent alors que les négociations diplomatiques restent confrontées à des divergences importantes, en particulier sur les territoires revendiqués par Moscou et les garanties de sécurité demandées par Kyiv.



