Ukraine : plus de civils tués ou blessés en 8 mois qu'en 2025 selon l'ONU

Le nombre de civils tués ou blessés en Ukraine entre janvier et août 2026 dépasse déjà le total enregistré sur toute l’année 2025. Selon un rapport publié le 16 septembre par l’ONU, 2 222 personnes ont perdu la vie et 13 058 ont été blessées sur cette période, soit une progression de 55 % par rapport aux huit premiers mois de 2025 (1 694 morts, 8 165 blessés) et plus du double du bilan constaté sur la même fenêtre en 2024 (1 392 morts, 5 496 blessés). La trajectoire, en hausse constante depuis trois ans, confirme un durcissement continu des combats plutôt qu’un pic isolé.

Ce basculement statistique intervient alors que la Russie et l’Ukraine ont multiplié les frappes à longue portée sur les infrastructures énergétiques et portuaires : début septembre, l’armée russe a repris ses bombardements sur Kiev après une trêve de trois jours observée le temps d’une visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, faisant au moins cinq morts. La guerre entre dans sa cinquième année sans accord de paix : Vladimir Poutine a indiqué à ces émissaires rester ouvert à des négociations, mais seulement après les élections législatives russes du 20 septembre, tandis que son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, a rejeté une médiation turque visant à arrêter les frappes en mer Noire, la jugeant « impossible à surveiller ». C’est dans ce cadre de blocage politique, ponctué mi-septembre par des incidents impliquant un drone intercepté en Lituanie et des fusées éclairantes tirées sur un hélicoptère danois, que le bilan civil s’est aggravé cet été.

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Un mois d’août parmi les plus meurtriers

Le rapport onusien recense 372 morts et 2 349 blessés pour le seul mois d’août, deuxième bilan mensuel le plus lourd de l’année derrière celui de juillet. Treize régions ont été touchées, ainsi que la capitale, Kiev, particulièrement exposée aux côtés de Kherson, Kryvyi Rih et Zaporijjia. Les armes à longue portée, employées loin de la ligne de front, seraient responsables de 47 % des victimes, tandis que les drones à courte portée concentreraient 30 % des pertes près des zones de combat. Côté russe, des bilans non vérifiés font état de plus de 190 morts dans les territoires occupés et sur le sol russe lui-même.

Le commerce et la logistique dans la ligne de mire

Selon l’ONU, la période a également été marquée par une multiplication des frappes contre des entreprises civiles. Au moins 32 attaques auraient visé de grandes enseignes ukrainiennes, dont Fozzy Group et Nova Poshta, tandis que 17 frappes auraient touché des sociétés russes comme Wildberries et Ozon. Cette extension des cibles vers les circuits de distribution et de vente montre un élargissement du champ des opérations, au-delà des seuls objectifs militaires ou énergétiques.

Un suivi onusien vieux de plus d’une décennie

La mission de surveillance des droits humains de l’ONU en Ukraine documente les pertes civiles depuis 2014, année du déclenchement du conflit dans le Donbass à la suite de l’annexion de la Crimée par Moscou. Cette continuité de mesure permet de comparer l’intensité actuelle des combats à celle des différentes phases du conflit, et confirme qu’aucune année depuis le déclenchement de la guerre à grande échelle n’a atteint un tel niveau de pertes civiles sur une période comparable.

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