Un député ukrainien propose de taxer l’industrie pornographique pour financer l’achat de trente mille drones supplémentaires chaque année. Selon un article du Wall Street Journal publié samedi 5 septembre, cette mesure, encore à l’étude au parlement, pourrait rapporter jusqu’à vingt-cinq millions de dollars annuels à l’État.
Un secteur qui pèse lourd financièrement
Le marché mondial de l’industrie pour adultes est estimé à plus de 100 milliards de dollars par an selon plusieurs études sectorielles. Une part croissante de ces revenus transite par des plateformes d’abonnement : la société britannique OnlyFans a généré 7,2 milliards de dollars de recettes globales provenant des abonnés en 2024, contre 6,6 milliards de dollars l’année précédente. Ses comptes de créateurs ont grimpé de 13 % pour atteindre 4,6 millions, tandis que ses comptes d’abonnés ont bondi de 24 % pour dépasser 377 millions.
Sur le territoire ukrainien, cette activité reste pourtant frappée d’interdiction pénale, alors même que la plateforme s’acquitte déjà de la TVA sur les achats réalisés par des internautes ukrainiens. Une loi de 2021, connue sous le nom de « Google Tax », avait posé un premier cadre fiscal pour les services numériques concernés, sans toutefois retirer aux créateurs de contenu le risque de poursuites judiciaires.
Le parlement doit encore trancher
À l’origine du texte, le député d’opposition Yaroslav Zhelezniak, à la tête de la commission des finances du parlement, avance qu’une fiscalisation du secteur rapporterait jusqu’à vingt-cinq millions de dollars annuels. Le projet de loi a franchi une première étape en juillet et doit désormais passer une seconde lecture devant la Verkhovna Rada.
Ceux qui portent cette réforme la justifient par la nécessité de faire entrer dans les caisses de l’État l’argent d’une activité déjà bien implantée en ligne. Le budget de défense ukrainien pour 2025 s’élève à 53,7 milliards de dollars, soit environ 26 % du PIB du pays, et absorbe désormais plus de la moitié des dépenses publiques totales depuis le début de la guerre. Le texte se limiterait aux contenus tournés entre adultes consentants, laissant intact l’arsenal pénal visant l’exploitation ou la diffusion d’images impliquant des mineurs.
Une adoption définitive placerait l’Ukraine parmi les rares nations à choisir la voie fiscale plutôt que l’interdiction pour ce secteur, une piste déjà évoquée à plusieurs reprises depuis 2022 sans avoir jamais été votée jusqu’au bout.



