Washington et Anduril confirment la perte d'un drone sous-marin saisi par l'Iran

Washington et le fabricant Anduril ont reconnu mardi la perte d’un drone sous-marin autonome, capturé par les forces navales iraniennes à l’entrée du détroit d’Ormuz. La double confirmation intervient après l’annonce, plus tôt dans la journée, du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui affirme avoir intercepté l’appareil lors d’une opération de renseignement menée à l’aube. L’épisode montre la capacité de l’Iran à tenir face à une pression militaire américaine et israélienne qui avait pourtant démantelé une large part de son appareil de défense quelques mois plus tôt.

Le pays avait subi en 2026 une campagne aérienne intensive baptisée Epic Fury, menée conjointement par les forces américaines et israéliennes, qui avait frappé plus de 1 700 sites en 72 heures selon le CENTCOM. Malgré ces destructions revendiquées, Téhéran continue de mener des opérations navales et de récupérer un matériel militaire américain de pointe, preuve que ses capacités de surveillance dans le Golfe restent opérationnelles.

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Un drone présenté comme un trophée par Téhéran

Le CGRI a qualifié sa prise de « l’un des sous-marins les plus modernes, intelligents et sans pilote de l’armée terroriste américaine », selon un communiqué relayé par les médias d’État iraniens. Les autorités de Téhéran ont diffusé des images montrant l’engin hissé hors de l’eau. D’après l’identification opérée par des médias spécialisés, il s’agirait d’un Dive-LD, véhicule sous-marin autonome de 5,8 mètres conçu par Anduril, capable d’opérer jusqu’à 6 000 mètres de profondeur pendant environ dix jours.

Ce conflit naval reflète une tendance observée depuis la guerre en Ukraine, où les drones aériens et maritimes bon marché ont bouleversé les rapports de force militaires classiques. Le théâtre du Golfe confirme cette évolution : les submersibles autonomes, jusque-là marginaux, deviennent des outils de surveillance et de collecte de renseignement à part entière, au point d’être désormais capturés et exposés comme des prises de guerre.

Washington évoque une panne, Anduril minimise l’incident

Un porte-parole du CENTCOM, le capitaine de vaisseau Tim Hawkins, a livré une version distincte de celle de Téhéran. « Un drone sous-marin opéré par les forces américaines est tombé en panne il y a plus d’un jour », a-t-il déclaré, précisant que l’appareil « surveyait les eaux régionales dans le cadre d’opérations en cours ». Selon lui, il s’agissait d’un modèle ancien, qui ne transportait ni données sensibles ni équipement sonar ou radar classifié.

Anduril a de son côté confirmé la perte de l’appareil tout en relativisant sa portée. « Le Dive-LD est un système autonome consomptible, conçu dès l’origine pour opérer dans des environnements dangereux où sa perte constitue une possibilité prévue », a indiqué un porte-parole de l’entreprise. Le fabricant a ajouté que le véhicule avait déjà accumulé plusieurs milliers d’heures d’opérations sur des missions de longue durée dans la zone de compétence du CENTCOM.

Un précédent qui n’est pas isolé

La saisie rappelle un épisode survenu en 2022, lorsque l’Iran s’était déjà emparé de Saildrones américains dans le Golfe. L’appareil trouve son origine dans une start-up américaine, Dive Technologies, créée en 2018 puis intégrée au catalogue d’Anduril quatre ans plus tard. Sa livraison à l’unité spécialisée de l’US Navy remontait à avril 2025, et l’engin n’avait jamais été engagé en opération jusqu’à cet incident. Aucune confirmation indépendante n’a pour l’instant permis d’établir les circonstances exactes de sa récupération par les forces iraniennes.

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