Une question sur un massacre vieux de 65 ans a suffi à placer David Lisnard au centre des débats en France. Le lundi 19 octobre 2026, le maire de Cannes était invité sur LCI pour parler des violences et des pillages du week-end. Une étudiante proche de La France insoumise lui a demandé de rappeler ce qu’était le 17 octobre 1961, jour de la répression d’une manifestation d’Algériens à Paris. La réaction du candidat à la présidentielle de 2027 a fait le tour des réseaux sociaux, au moment où la droite se divise à l’approche de l’élection d’avril 2027.
« Vous avez parlé des drapeaux algériens et demandé ce qu’ils faisaient là… Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 ? » lui a-t-elle lancé David Lisnard a coupé court : « Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie. On est passé à autre chose. On connaît par cœur votre rhétorique… C’est très grave, c’est dramatique, mais c’était en 61. »
Pour rappel, la manifestation de 1961 protestait contre le couvre-feu imposé aux Algériens de la région parisienne. Selon l’historien Jean-Luc Einaudi, plus de 150 personnes sont mortes ou ont disparu. François Hollande a reconnu en 2012 la « sanglante répression », et Emmanuel Macron a parlé en 2021 de « crimes inexcusables » commis sous l’autorité du préfet Maurice Papon.
Un ancien membre des Républicains qui vise l’Élysée
Né le 2 février 1969 à Limoges, David Lisnard est diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux (1992). Il revient à Cannes en 1999 pour gérer le commerce familial, puis devient maire de la ville en 2014. Il préside aussi l’Association des maires de France.
Passé par le RPR, l’UMP puis Les Républicains, il a quitté le parti au printemps 2026, en contestant le mode de désignation du candidat de la droite. Il s’est déclaré candidat sous l’étiquette de Nouvelle Énergie, le mouvement qu’il a lancé à l’échelle nationale en 2021. Ce sera sa première présidentielle. D’après son registre, le mouvement compte 66 165 adhérents et 1 827 élus au 18 octobre 2026. Un sondage Ifop publié le 30 septembre le crédite de 3,5 % des intentions de vote au premier tour.
Sa ligne est libérale, et il revendique une droite indépendante du pouvoir en place. En septembre 2025, lors d’une interview radio, il déclarait : « Il est impensable que la droite, telle que je l’entends, soit la béquille du macronisme et soit la béquille a fortiori du socialisme. »
