La Russie intensifie ses projets d’assassinat contre des dirigeants et cadres de l’industrie européenne de la défense, ont averti des services de renseignement occidentaux, selon une enquête publiée le 11 octobre par le Financial Times. Le journal cite des responsables de cinq agences européennes. De leur côté, les entreprises ont renforcé la protection de leurs dirigeants.
Ces révélations interviennent alors que Berlin a accusé la Russie d’une tentative d’attaque par drone contre l’aéroport de Leipzig, et les autorités allemandes ont désigné le renseignement militaire russe, le GRU, comme commanditaire. L’Estonie a qualifié d’acte de sabotage, mené par des services russes, l’incendie du site de Milrem Robotics. En Pologne, deux attaques ont endommagé des voies ferrées le 16 novembre 2025, un « acte de sabotage sans précédent » selon Donald Tusk. Varsovie dit aussi avoir déjoué une tentative d’assassinat, ordonnée par la Russie, contre un citoyen américain d’origine ukrainienne. Moscou a toujours rejeté ces accusations.
Une menace avant tout psychologique
Selon les sources du journal britannique, la Russie a ordonné d’étendre les opérations de sabotage et « hybrides » en Europe. Les dirigeants de petites entreprises, notamment celles qui fabriquent des drones ou leurs composants, sont aussi ciblés. « Le niveau de menace a augmenté en Europe, pour les biens mais aussi pour les personnes », a déclaré un responsable du renseignement européen.
Le Financial Times précise que des projets visant des sites civils, longtemps jugés hors limites entrent maintenant dans les plans, et que le GRU en serait responsable. Le précédent le plus connu remonte à 2024. Les autorités auraient découvert un complot contre Armin Papperger, patron de Rheinmetall.
L’objectif reste, selon un responsable, psychologique : il suffit que chacun se sente potentiellement visé pour produire l’effet recherché, c’est-à-dire dissuader de travailler avec l’Ukraine. Les plans russes seraient souvent exécutés de façon amateure, ce qui complique la tâche des services, qui doivent considérer presque n’importe qui comme une menace potentielle. La Russie n’a pas réagi aux accusations au moment de la publication de cet article.
