Moscou ne reviendra pas sur l’asile accordé à Bachar al-Assad. C’est ce qu’a affirmé le 14 octobre 2026 le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Gueorgui Borissenko, alors que l’ancien président syrien a été condamné à mort par contumace par un tribunal de Damas. En effet, pour la Russie, la question est close, et le message s’adresse directement aux nouvelles autorités syriennes.
Dans un entretien accordé à la chaîne russe RTVI, le diplomate répondait à une question sur d’éventuelles demandes d’extradition de la part de Damas. Et pour cause, il a été catégorique sur le statut d’Assad : « Nos partenaires syriens savent très bien que la Russie a accordé l’asile politique à Bachar al-Assad pour des raisons humanitaires … les autorités actuelles à Damas comprennent que cette décision de la Russie est inébranlable ».
Pour rappel, la condamnation a été annoncée le 11 août par l’agence d’État syrienne Sana. Assad a été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis pendant la guerre civile; or Il vit en Russie depuis sa fuite, le 8 décembre 2024, le jour de la chute de son gouvernement.
Un traité d’extradition signé en 2022
Les deux pays sont liés par un traité d’extradition, signé le 29 juin 2022, du vivant du régime Assad. Toutefois ce texte n’oblige pas pour autant la Russie à livrer quelqu’un. Au contraire, il autorise un refus lorsque l’infraction reprochée est passible de la peine de mort dans le pays qui réclame la personne, ce qui correspond au cas d’Assad.
Le sujet n’est pas nouveau entre les deux capitales. En effet, le président de transition syrien, Ahmed al-Charaa, aurait déjà évoqué le dossier avec Vladimir Poutine lors de sa visite en Russie l’an dernier, sans obtenir satisfaction.
Les bases russes transformées en centres conjoints
Dans le même entretien, Gueorgui Borissenko a évoqué l’avenir des installations militaires russes en Syrie. Rappelons qu’un mémorandum signé en août prévoit de les convertir en centres de formation et de logistique pour les armées des deux pays. « Ce seront des centres de formation et de logistique, ce qui veut dire qu’ils seront en partie partagés, y compris pour former des militaires syriens », a-t-il expliqué.
