Dix pays, dont les États-Unis et la France, ainsi que l‘Union européenne, ont condamné le recours aux armes du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila. Cette position figure dans une déclaration conjointe publiée le 30 octobre 2026 par l’ambassade de France en République démocratique du Congo. Le mouvement, annoncé à Goma le 12 octobre, a absorbé l’AFC/M23 quelques semaines plus tôt.
Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la France, a d’abord visé le FRN sans détour, puis ouvert la voie à une issue politique : « Le GCI rejette catégoriquement la poursuite d’objectifs politiques par le recours à la violence, comme le prône le FRN (Front pour la Refondation de la Nation), récemment créé. Il rappelle l’importance d’un dialogue inter-congolais pacifique et inclusif, impliquant toutes les parties prenantes clés de la République démocratique du Congo, comme condition essentielle pour une paix durable dans le pays ». Il en a tiré la conclusion que « les divergences politiques et les revendications ne peuvent être résolues par des moyens militaires ».
Cessez-le-feu, drones et situation humanitaire
Le texte s’inquiète aussi de la situation sur le terrain, où les combats se poursuivent dans l’est du pays. Le GCI a ainsi exhorté les parties à respecter les engagements pris à Doha le 19 juillet 2025 sur le cessez-le-feu, tout en alertant sur un autre danger : « L’utilisation croissante de drones a de graves conséquences pour les civils et les travailleurs humanitaires ».
Cet avertissement prend d’autant plus de poids que le pays doit aussi faire face à l’épidémie d’Ebola. Dans ce contexte, le groupe a demandé à toutes les parties et aux groupes armés de garantir « un accès total, sûr et sans entrave aux populations dans le besoin » pour les acteurs humanitaires. Kabila, 55 ans, est lui-même visé par une condamnation à mort. En effet, la Haute Cour militaire de Kinshasa l’a condamné par contumace le 30 septembre 2025 pour trahison et crimes de guerre.
