Les réserves de missiles intercepteurs de Riyad s’épuisent. Cette révélation a été faite au moment où les rebelles houthis multiplient les tirs sur le sol saoudien depuis début octobre. Des responsables saoudiens ont confié au quotidien américain Wall Street Journal que le royaume peine à couvrir un pays aussi vaste avec sa défense aérienne. Ainsi les batteries sont déplacées d’une région à l’autre pour protéger en priorité les sites énergétiques et les palais royaux.
Un prince héritier qui change de résidence sous escorte
Selon le journal, Mohammed ben Salmane circule avec prudence entre des palais très surveillés et équipés de bunkers. Il serait entouré de fidèles gardes. Le dirigeant de fait du royaume n’est pas le seul exposé. En effet les infrastructures pétrolières, cibles répétées des rebelles depuis l’été, figurent parmi les sites que les batteries disponibles doivent couvrir en priorité.
Aéroports, crèche et clinique touchés en quelques jours
Les attaques des 6 et 7 octobre contre les aéroports de Riyad et d’Abha ont fait trois morts et 36 blessés, d’après l’autorité saoudienne de l’aviation civile. Un Soudanais a été tué à Riyad, une Marocaine et une Algérienne à Abha. Le 8 octobre, des débris d’un missile intercepté ont endommagé une maternelle et un complexe médical de la capitale, a indiqué la protection civile saoudienne.
Les Houthis ont revendiqué plusieurs tirs contre l’aéroport international King Khalid, que la coalition dirigée par Riyad dit avoir en partie interceptés. Etihad Airways et flydubai ont annulé des vols vers la capitale. Les rebelles ont aussi menacé de fermer l’espace aérien saoudien. Riyad se trouve pourtant à plus de 800 kilomètres du territoire contrôlé par le mouvement au Yémen.
Une guerre rouverte en juillet après quatre ans de trêve
Le conflit entre les Houthis et le royaume remonte à 2015, quand une coalition emmenée par Riyad est intervenue au Yémen. Une trêve avait été conclue en mars 2022 et tenait depuis quatre ans.
Elle a volé en éclats après le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février 2026, lancée par des frappes américano-israéliennes qui ont tué le guide suprême Ali Khamenei. Les Houthis ont rejoint le conflit fin mars en visant Israël. Le 13 juillet, une frappe attribuée à l’Arabie saoudite a visé l’aéroport de Sanaa pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien. Les rebelles ont répliqué en tirant des missiles sur l’aéroport d’Abha.
Le 20 juillet, ils ont proclamé un blocus naval du royaume selon la logique du siège contre siège. Deux pétroliers saoudiens ont été attaqués en mer Rouge deux jours plus tard. Fin juillet, des installations pétrolières saoudiennes de la mer Rouge ont été visées, et Riyad a frappé Hodeïda. Le 11 septembre, les Houthis se sont emparés de l’île de Perim, proche du détroit de Bab al-Mandeb.