Suspicion de peste en Sibérie : les États-Unis haussent le ton contre la Russie

La mort d’une technicienne de laboratoire de 28 ans, survenue début octobre 2026 à l’institut anti-peste d’Irkoutsk, en Sibérie, vaut à la Russie un avertissement de Washington. Et pour cause, d’après le Wall Street Journal, les États-Unis ont fait savoir à Moscou que le manque d’information sur ce décès enfreint ses obligations sanitaires internationales. Ce recadrage intervient alors que les deux capitales se heurtent déjà sur de nombreux dossier. Notons toutefois que le sujet touche aussi de près les Américains, car la peste n’a rien d’une maladie disparue sur leur sol.

Et pour cause, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) comptent en moyenne sept cas humains par an aux États-Unis, surtout dans l’Ouest rural. Plus de 80 % relèvent de la forme bubonique, transmise par les puces de rongeurs et soignée par antibiotiques. Déjà en avril 2026, le comté d’Apache, en Arizona, a confirmé un cas, et le patient a guéri. En juin, une habitante du comté de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, est morte de la peste, premier cas humain de l’État cette année. Ces dossiers sont localisés et clairement identifiés.

Moscou nie l’accident et la peste

L’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor parle d’une pneumonie d’origine inconnue et affirme qu’aucun accident n’a eu lieu au laboratoire. Elle indique que près de 200 personnes ayant approché la défunte ont été testées, sans aucun cas de peste. Les autorités russes ont tenu le même message à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour l’organisation, le risque est jugé faible pour la Russie et pour l’Europe. Elle rappelle que l’institut se trouve dans une zone où la bactérie circule naturellement chez les animaux sauvages. Son porte-parole Christian Lindmeier a précisé que la maladie était d’abord apparue comme une infection virale respiratoire banale. Les autorités russes examineraient maintenant si une peste pneumonique, forme pulmonaire transmissible par la toux, est en cause.

Washington et l’OMS réclament des explications

Le secrétaire d’État Marco Rubio a demandé à la Russie « de se montrer transparente et de partager davantage d’informations avec le monde ». Le président Donald Trump a de son côté proposé l’aide américaine : « nous sommes toujours prêts à aider quiconque rencontre ce type de problème ». L’OMS affirme être en contact avec les autorités russes pour vérifier les circonstances du décès, les analyses en cours et la situation sanitaire des personnes contacts.

L’inquiétude américaine s’explique aussi par l’histoire. En effet, en 1979, une fuite d’anthrax depuis un site militaire soviétique de Sverdlovsk, aujourd’hui Iekaterinbourg, avait fait environ 100 morts. Et à l’époque, pendant des années, les autorités soviétiques ont donné une autre explication à l’épidémie.

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