Bases américaines frappées par l'Iran : Washington négocie avec ses alliés pour partager la facture

Les États-Unis discutent avec plusieurs pays alliés pour qu’ils paient une partie de la remise en état des bases touchées par l’Iran au Koweït, à Bahreïn et dans le reste du Golfe. Le Wall Street Journal l’a rapporté vendredi 30 octobre 2026, en citant des responsables américains. Ces négociations s’expliquent par la situation des sites, puisque beaucoup appartiennent aux pays hôtes ou sont partagés avec eux. Il s’agit toutefois d’une participation à certains travaux, et non d’une prise en charge complète.

Le journal a recensé 274 structures endommagées sur 24 installations qui accueillent des forces américaines, grâce à des images satellites. Selon des responsables américains, le Pentagone évalue les dégâts à 5 milliards de dollars au minimum, mais une autre personne informée du dossier a jugé que la note pouvait monter à 15 milliards. Ce second chiffre reste donc moins solide que le premier. Le centre de recherche CSIS, basé à Washington, estime de son côté que la reconstruction des seuls bâtiments dépasserait 4 milliards, sans compter le matériel qu’ils contenaient. Le contrôleur financier du Pentagone, Jules Hurst, avait d’ailleurs reconnu devant des parlementaires que le département ne possédait pas encore « de chiffre définitif sur les dégâts causés à nos installations à l’étranger ».

Une armée américaine surprise par la précision des tirs

Ces dégâts s’expliquent par une erreur d’appréciation. En effet, des experts avaient estimé que l’armée américaine avait sous-estimé les capacités de tir de l’Iran, ce qui avait laissé certaines bases moins protégées que d’autres. Les premières semaines de la guerre ont confirmé ce constat : au moins 119 bâtiments avaient été touchés sur 13 installations pendant les deux premières semaines, surtout au Koweït. L’inspecteur général du Pentagone a ensuite reconnu que les frappes iraniennes avaient détruit ou endommagé « des centaines de bâtiments et de structures » dans huit pays de la région, du Koweït à la Jordanie.

C’est d’ailleurs en Jordanie que la base de Muwaffaq Salti a subi l’une des attaques les plus meurtrières. Le 17 juillet, une frappe iranienne y a tué trois militaires américains et abîmé une vingtaine de bâtiments, dont des logements de troupes. Ces pertes ont rendu la question des réparations plus urgente, mais elles posent aussi celle de l’intérêt de tout reconstruire.

Le journal ajoute en effet que certaines infrastructures ne seront peut-être jamais remises en état, et que le Pentagone a étudié l’idée d’éloigner ses installations de l’Iran, y compris en quittant le Koweït et l’Arabie saoudite. Un tel retrait pourrait toutefois laisser les alliés plus exposés. Cette facture s’ajoute enfin à celle de la guerre, lancée le 28 février, que le Wall Street Journal estime à 47,1 milliards de dollars au 16 octobre.

1 commentaire sur « Bases américaines frappées par l'Iran : Washington négocie avec ses alliés pour partager la facture »

  1. « des experts avaient estimé que l’armée américaine avait sous-estimé les capacités de tir de l’Iran »

    Les ricains ont un tel sentiment de supériorité qu’ils sous-estiment TOUJOURS les capacités de l’adversaire. De là, logiquement, ils repartent TOUJOURS « la queue entre les jambes »

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