Entre le 30 septembre et le 4 novembre 2026, le milliardaire nigérian Aliko Dangote a lancé trois projets pétroliers au Kenya, au Cameroun et en Namibie. L’homme le plus riche d’Afrique étend ainsi son activité au-delà de sa raffinerie du Nigeria, du raffinage jusqu’à la distribution et au stockage.
Une raffinerie au Kenya et un dépôt de carburant en Namibie
Le 30 septembre, Dangote et le président kényan William Ruto ont lancé les travaux de la raffinerie de Lamu, sur la côte du Kenya, prévue pour traiter 700 000 barils par jour et estimée à 16 milliards de dollars. En effet, le groupe compte financer environ 70 % du coût par l’emprunt et offre aux gouvernements de la région d’en détenir 30 % au total. Et depuis l’arrêt de la Kenya Petroleum Refineries Limited, le pays ne compte aucune raffinerie opérationnelle.
Puis, le 4 novembre, à Walvis Bay, Dangote a lancé en Namibie un projet de 2,5 milliards de dollars qui associe un dépôt de carburant et un pipeline, avec 18 à 20 mois de travaux annoncés. La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a elle-même assisté au lancement même si l’opposant Venaani dénonçait déjà en novembre 2025 le manque de transparence du gouvernement.
Au Cameroun, une filiale créée après l’accord avec la Sonara
Le 28 octobre, Dangote a dévoilé la naissance de Dangote Oil & Gas Cameroon, que dirigera Bertrand Mbouck, d’après Investir au Cameroun. Son champ d’action va des stations-service au bitume, aux lubrifiants et au GPL, mais aussi au raffinage, à la pétrochimie et aux pipelines. Six jours plus tôt, le groupe avait signé avec la Société nationale de raffinage (Sonara) et MRS un contrat de 30 mois pour alimenter le pays en carburants. En juillet, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait reçu le vice-président du groupe, Devakumar Edwin, qui évoquait la création d’un site de stockage destiné à alimenter une réserve nationale.
Dangote avait aussi annoncé avec Neptune Oil l’exportation de 60 000 tonnes d’essence vers le Cameroun, ce qui a poussé son propriétaire, Antoine Ndzengue, à déclarer : « Ce partenariat avec Dangote Refinery marque un tournant pour le Cameroun ». Cette expansion était en effet attendue, car l’industriel avait promis en juin 2021, à la sortie d’une audience : « Nous sommes établis au Cameroun, il y a quelques années, et nous allons continuer nos investissements non seulement dans le secteur du ciment, mais aussi dans le pétrole et le gaz et dans d’autres domaines ». Il devra toutefois composer avec la SCDP, qui développe à Kribi un terminal de 230 000 m³ pour les produits blancs.
