Samedi 7 novembre, la Première ministre Giorgia Meloni a accusé des hackers prorusses d’être à l’origine de la fuite des données personnelles d’Antonio Tajani, son ministre des Affaires étrangères, publiées sur le dark web. Tajani lie cette attaque au soutien de Rome à l’Ukraine, et Meloni lui a aussitôt témoigné sa solidarité.
Ce type d’accusation se répète en Europe depuis 2022. Le 13 juillet, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont sanctionné conjointement la Russie, qu’ils accusent de cyberattaques destinées à semer le chaos. Londres a visé 24 personnes et entités liées aux services de renseignement russes. Le Kremlin rejette ces griefs. En juillet, son porte-parole Dmitri Peskov a jugé ces accusations infondées. Le 5 novembre, il a qualifié d’absurdes celles qui visaient Moscou après des attaques contre des installations frigorifiques de supermarchés. Fin 2025, l’Allemagne avait attribué à la Russie une cyberattaque contre sa sécurité aérienne, ce que l’ambassade russe a rejeté.
Une fuite publiée sur le web clandestin
Selon Antonio Tajani, la diffusion de ses informations s’accompagne de menaces et d’intimidations, qui visent aussi sa famille. Des captures d’écran consultées par Reuters montrent sa photo dans une liste de 18 « citoyens hostiles à la Fédération de Russie », qui comprend aussi des experts en cybersécurité. Sur X, il affirme que son soutien assumé à « la liberté et l’indépendance d’un État souverain » a fait de lui une cible.
Giorgia Meloni a publié un communiqué pour apporter son soutien à son ministre, « à la suite des révélations concernant les activités de hackers pro-russes ». Elle a estimé que la vente d’informations concernant des responsables publics constituait une question extrêmement préoccupante. Elle a appelé à une réponse coordonnée face aux menaces hybrides et aux attaques récentes contre les infrastructures critiques européennes. Moscou n’a pas commenté cet incident.
