Le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a publié un message sur X le 3 novembre 2026, depuis la France, pour opposer la position de Pékin à celle de Washington sur la guerre en Ukraine. Trois fois candidat à la présidentielle (2012, 2017 et 2022), il a critiqué la position de ses adversaires politiques sur la question de la Chine.
Un message adressé aux « atlantistes » français
Mélenchon a présenté un épisode diplomatique qu’il attribue aux États-Unis, à la Russie et à la Chine : « Les USA ont proposé aux Russes et aux Chinois un sommet de négociations sur la guerre en Ukraine. Les Chinois ont décliné. Mais ils ont déclaré que c’était aux Européens d’avoir une place à la table des négociations ». Il a ensuite interpellé ses opposants français en ces termes : « Les atlantistes français et les antichinois pavloviens n’ont-ils pas honte de leur allégeance ? La Chine est un partenaire bien plus fiable que les USA ».
Pour rappel, le mot « atlantistes » désigne les partisans d’un alignement sur les États-Unis, en particulier au sein de l’OTAN. Mélenchon en fait une cible récurrente depuis des années. Son programme pour la présidentielle de 2027 prévoit ainsi de « sortir de l’OTAN en commençant par son commandement intégré », et de « stopper l’alignement de la France sur l’atlantisme de l’Union Européenne ». Il défend une ligne de non-alignement, qui refuse de choisir entre Washington d’un côté, Moscou et Pékin de l’autre.
Toutefois le président allemand Frank-Walter Steinmeier qui a rencontré le président chinois Xi Jinping à Pékin le 30 octobre à présenté une version légèrement différente. Selon le récit qu’il en a fait le 1er novembre à la télévision publique allemande, c’est lui qui a évoqué l’idée d’un sommet réunissant la Chine, les États-Unis et la Russie sur l’Ukraine, et non Washington.
Steinmeier a rapporté la réponse de son interlocuteur : « De son point de vue, aucun préparatif n’est en cours pour un sommet sur l’Ukraine réunissant les États-Unis, la Russie et la Chine ». Il a aussi décrit sa réaction : « On pouvait lire la surprise sur son visage ». Xi Jinping a ajouté que le conflit était une affaire européenne et que les Européens devaient participer aux négociations.
L’idée d’une rencontre à trois avait d’abord été lancée par le président russe Vladimir Poutine, qui visait un échange sur le contrôle des armements nucléaires. Le président américain Donald Trump s’était dit ouvert à cette perspective. Une rencontre entre les trois dirigeants reste possible en marge du sommet de l’APEC, prévu à Shenzhen les 18 et 19 novembre, mais l’Ukraine ne devrait pas figurer à son ordre du jour.
