À l’approche des élections législatives prévues pour début 2026, la publication progressive des listes de candidatures par les formations politiques révèle un paysage en pleine mutation. Entre délocalisation de candidats, non-reconduction de près de la moitié des députés sortants, et prolifération de titres professionnels ou politiques jugés étranges par l’opinion, le scrutin à venir s’annonce comme l’un des plus atypiques de la période du Renouveau démocratique. La délocalisation des candidats est l’un des phénomènes les plus commentés : de nombreux candidats changent de circonscription électorale, parfois de manière totale et surprenante. Le cas le plus emblématique est celui de Joseph Djogbénou, figure juridique nationale, ancien président de la Cour constitutionnelle et président d’un parti majeur de la mouvance. Il apparaît comme tête de liste dans la 23ᵉ circonscription électorale, un fief où il est rarement présent, où il a très peu d’ancrage social et où ses activités politiques directes sont limitées. Si certains invoquent une « stratégie nationale » et la nécessité d’installer un leadership transversal, des voix s’interrogent sur les raisons d’un « parachutage électoral ». Autre exemple significatif : Loukou Michel Alias Alèkpéhanhou, chef d’un arrondissement de la commune d’Abomey, inscrit non pas dans sa zone d’influence, mais dans la 16ᵉ circonscription électorale. Ce déplacement géopolitique surprend. Dans le même registre, l’actuel député Orden Alladatin, élu de la 16ᵉ circonscription, se retrouve désormais positionné dans la 6ᵉ circonscription. Ces mouvements questionnent profondément le principe de représentation territoriale.
Opinion
Mines en Afrique : comment les renégociations de contrats changent les règles
Du Mali au Niger, mais aussi en Guinée, au Burkina Faso, en RDC, en Tanzanie ou en Zambie, les gouvernements revoient leurs relations avec les compagnies minières. Retraits de permis, renégociation de contrats, hausse des redevances ou entrée accrue de l’État au capital modifient progressivement le cadre d’exploitation des ressources.
Présidentielle 2029 : Sonko - Diomaye, la bataille silencieuse qui commence
Pour beaucoup d’électeurs sénégalais, l’accès au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye en 2024 a été synonyme de victoire partagée : celle d’un duo formé avec Ousmane Sonko, figure centrale de l’opposition des dernières années. Le premier est devenu président, le second Premier ministre, tous deux issus de PASTEF et portés par une même promesse de rupture. Quelques mois plus tard, le tableau est plus contrasté : des désaccords publics, des choix politiques contestés et des interrogations insistantes sur la présidentielle de 2029 nourrissent l’idée que l’alliance de départ pourrait se transformer en rivalité.
Boualem Sansal : un prétexte pour une réconciliation entre la France et l'Algérie ?
La libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal le 12 novembre 2025, après un an de détention, soulève une question essentielle : cette grâce présidentielle marque-t-elle réellement un tournant dans les relations franco-algériennes, ou cache-t-elle des enjeux diplomatiques plus profonds ?
Révision de la constitution : Les obstacles au développement du Bénin enfin levés ?
L’adoption récente de la loi modificative de la constitution béninoise a suscité un débat passionné dans le pays et au-delà. Présentée par ses promoteurs comme un catalyseur nécessaire au développement, notamment en instaurant une trêve politique et en rééquilibrant les pouvoirs avec l’institution du Sénat, cette révision est presque désormais une réalité juridique. La question pressante est de savoir si le Bénin, fort de ce nouveau cadre constitutionnel, peut désormais engager une trajectoire de développement plus sereine et plus rapide. Les arguments avancés en faveur de cette modification visaient principalement à éliminer ce qui était perçu comme des freins structurels au progrès national. La classe dirigeante a souvent pointé du doigt les cycles électoraux polarisés et les crises politiques récurrentes, les décrivant comme des sources de distraction et d’instabilité, empêchant la pleine concentration sur les politiques de développement économique et social. L’un des objectifs affichés était d’instaurer une sorte de trêve politique en apaisant le jeu électoral et institutionnel. En théorie, un environnement politique moins conflictuel permettrait aux décideurs, de se focaliser sur des réformes profondes et des investissements à long terme, plutôt que d’être constamment en mode gestion de crise. Le Bénin a en effet connu une succession de lois électorales modifiées et de tensions politiques qui ont, par moment, monopolisé l’attention publique et institutionnelle. L’idée est que la stabilité institutionnelle, renforcée par des règles du jeu clarifiées, attirera davantage d’investissements, tant nationaux qu’étrangers, en offrant une meilleure prévisibilité. Les porteurs du projet espèrent que la fin des querelles byzantines permettra au gouvernement de mettre en œuvre sans entrave sa vision nationale de développement et les programmes sectoriels ambitieux.
Révision de la constitution au Bénin: Un test pour la cohésion du camp Talon
L’Assemblée nationale du Bénin s’apprête à vivre l’une de ses séances plénières les plus stratégiques de la neuvième législature. Ce vendredi 14 novembre 2025, les députés sont convoqués au Palais des Gouverneurs à 10 heures pour se pencher sur un menu institutionnel corsé, dont le plat de résistance est sans conteste l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990, modifiée en 2019. Plus qu’un simple débat législatif, cette journée s’annonce comme un véritable test de cohésion pour la majorité parlementaire, le « camp Talon », dans lequel on évoque des supposées fissures internes.
Syndicats et Société civile: Des voix de moins en moins audibles au Bénin
Longtemps considérés comme des piliers du débat public et de la contestation sociale, les syndicats et la Société civile béninoise semblent aujourd’hui en perte d’influence. Leur récente prise de position contre la révision de la Constitution, sans véritable impact sur l’opinion publique, ravive les doutes sur le poids de ces acteurs dans la vie nationale.
Bénin 2.0 : Comment la finance numérique peut révolutionner le financement des entreprises
« L’argent ne dort jamais » – J.P. Morgan, banquier et financier américain. Le Bénin, cœur économique de l’Afrique de l’Ouest, se trouve à l’aube d’une révolution financière. Selon la Banque mondiale, seulement 30 % des PME béninoises ont accès au crédit bancaire traditionnel, laissant un immense potentiel inexploité pour le financement alternatif. Aujourd’hui, la finance 2.0 – plateformes numériques, crypto-monnaies et bourses locales – offre une opportunité unique de créer un écosystème de financement directement accessible depuis un smartphone, permettant à tout entrepreneur béninois de lever des fonds sans passer par les circuits bancaires classiques.
Analyse de la récente décision du Conseil de sécurité de l'ONU relative au Sahara occidental (Ambassadeur Loko)
(À LA LUMIÈRE DES DIMENSIONS POLITIQUE, JURIDIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIOCULTURELLE) I. Contexte général et évolution diplomatique Le Sahara occidental, ex-colonie espagnole jusqu’en 1975, reste l’un des derniers territoires inscrits sur la liste onusienne des territoires non autonomes. Depuis le départ de l’Espagne, le Maroc revendique sa souveraineté sur cette région, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, défend le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui à travers la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), créée en 1991, avait pour objectif d’organiser un référendum d’autodétermination, mais celui-ci n’a jamais vu le jour.
Hommage à Mgr Adoukonou, un grand combattant de l’inculturation (par Ambassadeur Loko)
(LA LUTTE CONTRE LA RECOLONISATION DE L’AFRIQUE : QUEL LIEN ENTRE INCULTURATION, CRÉATIVITÉ ET DIPLOMATIE DE LA PENSÉE ?) Au Vatican, j’ai souvent parlé de recolonisation de l’Afrique avec Monseigneur Barthélémy ADOUKONOU, mon ancien professeur de langue FON en classe de sixième au Collège Père Aupiais (1969) et conseiller occulte pendant ma mission diplomatique près le Saint-Siège (2010 à 2016).