Disparité des prix dans les pharmacies au Bénin : Un obstacle à la lutte contre les faux médicaments

Disparité des prix dans les pharmacies au Bénin : Un obstacle à la lutte contre les faux médicaments

Au moment où la vente des faux médicaments est combattue par le Gouvernement, cette situation jette le discrédit sur le secteur formel de vente de médicaments, vers lequel les populations se tournent vaille que vaille.

Faux médicaments au Bénin: le gouvernement pourra ratifier la Convention MEDICRIME

A chaque officine sa grille de prix pour les produits pharmaceutiques. C’est ainsi que fonctionne au Bénin le sous-secteur pharmaceutique. Au Bénin, le prix des médicaments varie d’une pharmacie à une autre.

Ainsi, une même plaquette de paracétamol peut coûter 100 francs cfa dans une pharmacie A, pendant qu’elle se vend entre 115 et 125 francs cfa dans une pharmacie B. « Ce n’est vraiment pas sérieux. Cette bande j’ai l’habitude de l’acheter à 325 francs ailleurs. », dénonce Géraldine Tsonga, parlant d’un produit de marque “Velpo”, qu’elle venait de se procurer dans une pharmacie à 675 francs, soit plus du double du prix auquel elle l’achète habituellement.

A l’instar de Géraldine, Eric Adjovi a dû acheter un carton de “Philco-max” à 330 francs, soit 115 francs de plus que le prix auquel il l’achetait. La différence de prix, Raimath Ganigui l’a également constatée et subie. Le carton de “Lipovas 10mg” vendu habituellement à 3633 francs, lui a été vendu une fois à 4450 francs, nous a-t-elle confié, reçu à l’appui. Selon les explications qui lui ont été fournies par les auxiliaires de pharmacie, cette augmentation serait due à la raréfaction du produit sur le marché. Mais ce genre d’explications est loin de satisfaire Giresse, qui regrette le départ des vendeuses de médicaments de la rue.

« Parmi les pharmaciens, il y en a qui abusent de nous. Les vendeuses de médicaments déguerpies n’en font pas autant. Les autorités en charge de ce secteur doivent intervenir pour y remédier », a-t-il laissé entendre.

Selon lui, cette situation décrédibilise quelque peu le secteur formel de vente de médicaments, et incite à croire que la lutte contre les faux médicaments menée par le gouvernement ne sert qu’à soumettre les consommateurs aux caprices des responsables de pharmacies.

Un état de chose que contestent des responsables de centres pharmaceutiques. Pour le Docteur Christian Azandossessi, pharmacien, trois raisons fondamentales peuvent expliquer cet état de choses. D’abord, le cas spécifique des commandes spéciales est envisageable. A en croire le spécialiste, en cas de rupture d’un produit fortement recherché, le responsable d’un centre peut choisir se passer d’un grossiste pour aller lui-même s’approvisionner. Dans ce premier cas, son prix sera forcément différent de celui habituel. La seconde raison évoquée par le pharmacien est le fait que les pharmacies s’approvisionnent chez différents grossistes, qui ne vendent pas toujours les produits au même prix. Une dernière raison est le fait que le même produit acheté par la pharmacie quelques mois plutôt à un prix donné, peut revenir des mois après à un prix plus bas. Mais la pharmacie maintient l’ancien prix si l’ancien stock n’est pas encore épuisé. « Si un client remarque cette différence de prix, il peut se rapprocher de son pharmacien pour avoir des explications.», conseille-t-il.

Des raisons insuffisantes néanmoins

Contrairement à son prédécesseur, Docteur Chantal Noufionssi, également pharmacienne et en service à la Direction de la Pharmacie du Médicament et des Exploitations Diagnostiques (Dpmed), affirme qu’une telle situation n’est pas justifiable.

« Le recueil des textes législatifs et réglementaires du sous-secteur pharmaceutique en vigueur, fixe les prix pour tous les produits depuis le fournisseur », déclare-t-elle.

Ayant été confrontée à  un cas de surfacturation où un produit de 900fcfa a été vendu à 12.100fcfa, elle déplore ledit fléau et invite les concernés à une prise de conscience. Dans le cas contraire, des sanctions sont prévues par les textes et seront appliquées, affirme-telle. Des sanctions qui consistent selon elle à conduire l’accusé devant la Chambre de discipline, et à fermer son officine en cas de récidive. « Nous multiplierons et étendrons au secteur privé nos inspections, pour avoir un véritable contrôle du marché interne des médicaments, surtout de première nécessité » a-t-elle ajouté, avant d’exhorter les prochaines victimes à emprunter la voie légale de dénonciation en saisissant par écrit la Dpmed

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Totchénagnon 6 jours

    Remarquer qu’au Bénin, il n’y a plus de pharmacie, mais de pures commerçantes de médicaments.

    Auparavant, tu pouvais aller directement demander conseils en pharmacie et on te proposait des médicaments qui te soulageait. Aujourd’hui, si tu tentes de le faire sans prendre le temps de lire la notice, c’est la catastrophe. Pire, c’est la disparité des prix qui frisent de l’arnaque. Dites-nous, dans le secteur pétrolier, est-ce que toutes les stations ont-elles les mêmes fournisseurs ? Néanmoins, le gouvernement ne fixe-t-il pas officiellement le prix des produits qui demeurent le même dans toutes les stations ? Que nos autorités prennent au sérieux ce problème qui ronge comme un cancer, chaque jour nos pauvres poches.