Paludisme : Les causes de la grande vulnérabilité des enfants de moins de cinq ans

Paludisme : Les causes de la grande vulnérabilité des enfants de moins de cinq ans

Maladie parasitaire potentiellement mortelle, le paludisme sévit selon l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms), dans 91 pays du monde, principalement en Afrique, en Asie et dans les Amériques.

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Transmise par des moustiques, elle a fait en 2016, toujours selon l’Oms, 445 000 morts dont 70% sont des enfants de moins de 5 ans. Pourquoi le paludisme crée-t-il autant de décès parmi cette tranche d’âge, quelles sont les premiers gestes à accomplir en cas de paludisme chez l’enfant, et comment prévenir la maladie chez ces enfants ?

Dans un entretien avec Fayçal Adéossi, médecin pédiatre à la ‘’clinique centrale’’ d’Abomey-Calavi, votre journal s’est penché sur ces questions à l’occasion de la célébration ce jour mercredi 25 avril 2018, de la journée internationale de la lutte contre le paludisme.

En Afrique, des milliers d’enfants de moins de 5 ans décèdent chaque année du paludisme. Au Bénin, le paludisme constitue la première cause de décès de ces enfants de moins de 5 ans, d’après l’Unicef. Une situation due à plusieurs facteurs, notamment à cause de l’organisme encore fragile de l’enfant, selon le médecin pédiatre Fayçal Adéossi.

« L’enfant entre 0 et 06 mois est protégé par les anticorps de sa mère. A six mois, il perd tous ces anticorps et devient donc vulnérable. Il faut dès lors qu’il tombe malade afin de produire ses propres anticorps. Or, en zone de transmission paludique stable comme la nôtre, il faut en moyenne 5 à 10 ans d’exposition continue avant de développer une immunité contre le paludisme. Donc, l’enfant à six mois n’ayant pas encore passé ce cap et ayant perdu tous ses anticorps, devient vulnérable », explique-t-il.

Pour acquérir l’immunité contre le paludisme, il faudra alors que l’enfant développe la maladie, et vu son état vulnérable on peut observer une recrudescence et une sévérité des cas. Un état de chose qui s’estompe après l’âge de cinq ans, quand l’enfant arrive à produire ses propres anticorps contre la maladie. « Après l’âge de 5 ans, un enfant qui est en zone d’endémie paludique stable, ne fait plus des formes graves de paludisme parce qu’il a développé entre temps une immunité. », précise le pédiatre. Alors que faut-il savoir pour vite déceler la maladie chez l’enfant ? Pour le pédiatre, il n’y a pas de symptômes spécifiques du paludisme chez l’enfant, néanmoins certains signes très rapportés peuvent alerter les parents.

« Il y a essentiellement la fièvre, les troubles digestifs, les vomissements, la diarrhée. Ce sont les signes du paludisme. Quand cela devient plus grave, l’enfant peut se mettre à convulser. Il peut entrer dans le coma, avoir une anémie qui peut être sévère et nécessiter une transfusion sanguine. (…) il peut aussi présenter une détresse respiratoire », précise le médecin.

Pour Fayçal Adéossi, seul un examen biologique mesurant la densité parasitaire, pourra cependant confirmer la présence du paludisme chez l’enfant. Il invite dès lors les parents à conduire les enfants pour faire le diagnostic à l’hôpital, dès qu’ils présentent de la fièvre, afin que ces derniers puissent bénéficier d’un traitement approprié.

Quelques mesures de prévention

Comme toute maladie, le paludisme chez l’enfant peut être évité grâce à quelques mesures préventives. «Individuellement, il y a des mesures simples qu’on peut adopter à savoir l’utilisation de la moustiquaire imprégnée à longue durée d’action, recommandée par l’Oms. En dehors de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée, nous pouvons recommander également l’utilisation de répulsifs cutanés, qui sont des pommades et insecticides applicables sur la peau en l’absence bien évidemment de contre-indication. On peut aussi recommander l’utilisation de grillages aux portes et aux fenêtres. », préconise le pédiatre exhortant la population et en particulier l’Etat surtout, à lutter aussi pour l’assainissement de l’environnement, un grand pan de la lutte anti paludisme

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