Bénin : Lancement de la campagne anti-tabac

Bénin : Lancement de la campagne anti-tabac

Au-delà d’une célébration de 24h, l’édition 2018 de la journée mondiale sans tabac jeudi 31 mai dernier, a donné lieu à une vaste campagne de sensibilisation au Bénin, lancée notamment à l’endroit de la couche juvénile.

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Le Bénin a aussi célébré le jeudi 31 mai 2018, la journée mondiale sans tabac. C’est sous le thème «Tabac et cardiopathie». Le lancement des manifestations officielles qui s’est déroulé à Abomey-Calavi a été le début d’une vaste campagne de sensibilisation qui doit suivre sous la direction de l’Ong Iect. L’objectif principal est de sensibiliser les populations sur les méfaits de la consommation du tabac et inciter les consommateurs à arrêter, d’après le directeur départemental de la santé de l’Atlantic, Victor Cocouvi.

Le choix de la commune d’Abomey-Calavi pour le lancement n’est pas anodin. C’est une zone qui brille par sa forte croissance démographique dans le pays. Le lancement de ladite campagne dans cette commune, selon le directeur départemental de la santé, permettra d’atteindre une grande partie de la couche juvénile qui constitue l’une des cibles majeures de l’initiative. En effet, «le tabac décime nos enfants et la jeunesse» justifie le directeur de l’Ong Iect, August Faton.

Au Bénin, la prévalence chez les jeunes s’accroit, d’après les statistiques de l’enquête du ministère de la santé rappelées par le ministre de la santé Alassane Seidou. La prévalence au niveau de la couche juvénile est passée de 5,3% en 2009 à 7,5% en 2016 alors qu’au niveau des adultes, la courbe est décroissante. Le taux a chuté de 16% en 2008 à 5% en 2015. C’est dire que les jeunes restent les plus menacés et victimes. Ils sont encore très nombreux à ignorer toujours que le tabac est une des principales causes des cardiopathies et des accidents vasculaires cérébraux, indique le représentant résident de l’Oms au Bénin, Dr Jean-Pierre Baptiste. Il apprend que «chaque année, plus de cinq millions de personnes dans le monde décèdent parce qu’elles ont consommé des produits du tabac. Six cent mille autres personnes, non-fumeuses, décèdent partout dans le monde parce qu’elles ont été exposées à la fumée secondaire issue du tabac».

« Cette situation fait du tabac, l’un des principaux facteurs de risques évitables pour des maladies non transmissibles comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer, les maladies pulmonaires chroniques et le diabète », selon Dr Jean-Pierre Baptiste.

A l’en croire, outre les jeunes, la présente campagne devra aussi « cibler les jeunes scolaires, ceux des milieux professionnels, les déscolarisés, les chefs religieux et autres personnes influentes et proposera des mesures efficaces à prendre par les autorités et le grand public en vue de promouvoir la santé et le développement en luttant contre la crise de tabagisme».

Notons que la campagne a commencé déjà par l’orchestre les K-sseurs de l’ensemble artistique et culturel de l’Université d’Abomey-Calavi. Ce fut une belle manière d’ouverture de l’initiative lorsqu’on sait que la cible prioritaire que sont les jeunes est plus accessible à la musique qu’aux beaux discours. Pour preuve, ces jeunes présents au lancement ont tous repris le refrain des K-sseurs, «Pour ton avenir, faut pas fumer». C’est le signe de ce que le message est bien passé, selon le ministre de la santé. «Je suis sûr que leur message portera plus loin que le nôtre. Je me demande même s’il faut lire encore un discours.» témoigne l’autorité.

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