Donald Trump
AFP/Archives

Frileux au sujet des grandes institutions de ce monde, le président américain Donald Trump pourrait bien être amené à payer sa défiance à l’encontre des institutions dans le cadre de la résolution du conflit iranien. En effet, ce dernier pourrait être totalement lâché par ses alliés onusiens à l’occasion du sommet de mardi prochain, s’il venait à utiliser la même rhétorique belliqueuse à l’encontre de l’Iran, que celle utilisée en 2017, contre la Corée du Nord.

Il faut dire que ces derniers semblent en avoir marre d’entendre le président Trump critiquer, tacler, moquer les grandes institutions de ce monde. Selon ce dernier, l’ONU comme le WTO (Organisation mondiale du Commerce) et bien d’autres encore, est le parfait symbole de la globalisation. Prônant une politique nationaliste, plaçant les intérêts américains devant n’importe quels autres, celui qui recherche le soutien international dans l’affaire iranienne, pourrait bien se heurter à un mur, lui qui tente d’alerter sur l’attitude de Téhéran depuis 2018.

Trump, frileux vis-à-vis de l’ONU

Une stratégie pour le moment, loin d’être payante. Lors de sa dernière au conseil de sécurité de l’ONU, Mike Pompeo n’a pas hésité à tacler Téhéran. Toutefois, le reste des participants s’est abstenu de commenter cette sortie, estimant que la seule solution viable à ce jour, restait un accord sur le nucléaire plus qu’une guerre. Même son de cloche il y a quelques jours, lorsque les États-Unis ont directement accusé Téhéran d’être responsable de la double attaque ayant touché deux installations pétrolières saoudiennes. Malgré ces véhémences, le Conseil de sécurité a estimé que le temps était à l’apaisement et aux discussions.

La coopération internationale, pas la priorité

La méfiance envers l’ONU s’est également matérialisée par le départ de Nikki Haley, ambassadrice américaine en poste à New York. Durant neuf mois, Washington n’a pas réussi à trouver d’alternative crédible. En outre, le gouvernement américain a fait comprendre à l’ONU qu’il ne comptait pas sur l’organisation afin de gérer le cas du Venezuela. De nombreux dossiers houleux, au cours desquels Washington a donc fait preuve de mépris à l’encontre du symbole de la coopération internationale. Toutefois, aujourd’hui, le discours semble être sensiblement différent. Si Trump ne porte toujours pas l’ONU dans son cœur, ce dernier semble avoir besoin d’aide afin de gérer le dossier iranien, dossier qui s’embourbe un peu plus de jour en jour.

À l’occasion du dernier G7, la France est ainsi intervenue, proposant un plan de négociations et faisant même venir le ministre iranien de l’intérieur, Mohammad Zarif du côté de Béziers. Depuis, si Trump a tendu la main à Téhéran, les récents événements semblent avoir ôté tout espoir de dialogue pérenne. L’une des solutions qui se présente aujourd’hui au président Trump serait donc de réunir le Conseil de sécurité et de réclamer une coopération internationale sur le sujet. À ce titre, Washington pourrait également être tenté de réclamer une médiation de l’ONU concernant le dossier de la guerre au Yémen. Toutefois, si la communauté internationale n’est pas fermée, il faudra au président américain, prouver que l’objectif est ici une stabilisation de la région.

Trump va devoir faire ses preuves

Aujourd’hui, Washington ne peut effectivement plus se permettre de jouer sur deux tableaux et prôner d’une part, la tolérance zéro à l’encontre de Téhéran ainsi que la haine et la peur des institutions internationales. D’ailleurs, ce double discours semble avoir considérablement affaibli le président américain aux yeux des leaders de ce monde qui eux, continuent de faire front commun afin de trouver rapidement une porte de sortie aux multiples crises qui frappent la région du Proche et du Moyen-orient.

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