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A la frontière Sèmè-Kraké entre le Nigéria et le Bénin, les propriétaires des camions ont des soucis à se faire. Leurs camions en stationnement depuis plus de deux mois à cause de cette décision de fermeture de frontière sont exposés à des taxes qui, visiblement, vont leur revenir cher, notamment ceux qui ont leur véhicule au niveau d’un parc privé bien connu de la place.

Ce dernier  a repris du  service depuis la fermeture des frontières nigérianes. Le parc qui a été  créé  comme parc de regroupement obligatoire pour les camions en partance pour le Nigéria  a été sommé de cesser ses activités sur décisions des autorités Nigérianes qui ont estimé qu’il ralentissait inutilement le trafic.

Depuis cette décision officielle qui date de janvier 2019 le parc ne recevait plus de camion. Arrivés à la frontière, ces véhicules passaient directement au Poste de contrôle juxtaposé (Pcj) de Kraké-Plage pour finir en 48h au plus les formalités de sortie. Mais depuis le 21 août 2019, le propriétaire du parc a été de nouveau sollicité pour contenir une partie des centaines de camions contraints au stationnement avec la fermeture de la frontière à la grande joie des surveillants sans salaire depuis plusieurs mois. Ce n’est pas gratuit.

Près de 100 millions F Cfa à gagner

Chaque camion est soums à deux types de taxes. Il y a une taxe de 12.000 F Cfa pour une semaine. A partir du 8è jour, c’est une nouvelle taxe à raison de 2.000 F Cfa par jour. C’est dire que chaque camion en stationnement sur ce parc depuis la fermeture de la frontière devra payer d’une part 12.000 F Cfa, et d’autre part 2.000 F Cfa multiplié par le nombre de jours qu’il aura passé moins sept (7).

Pour l’instant, nul ne peut dire avec exactitude quand est-ce que la mesure nigériane sera levée. «Mais il y a une réduction qu’on leur fera », annonce  un agent du parc.  Cela fait quand même une bonne moisson pour ce parc entre temps au chômage. Les agents qui nous expliquent ces frais nous indiquent qu’il y a actuellement sur le parc, environ 550 camions.

On tuait des apprentis

Dans la crise actuelle, ce parc se montre utile sinon la circulation serait bloquée sur la voie reliant le carrefour Sèmè au Pcj. Le Pcj ne dispose en réalité pas d’espace aménagé pour le stationnement des camions, du moins de plusieurs. Pour la centaine qu’il est tenu de contenir pour ce cas de force majeure, c’est dans les espaces verts et derrières le bâtiment qui fait dos à la place. «Si ce parc n’existait pas, où allaient rester les camions », s’interroge un employé du parc.

A l’en croire, outre l’aspect lié à la circulation, il y a également le volet sécuritaire. « Sur la voie, les voleurs viennent détruire les bâches des camions pour voler les marchandises ; ils maltraitent les apprentis ; parfois ils tuent », rapporte-t-il. Il plaide pour qu’après la reprise du transit entre le Nigéria et le Bénin, les autorités des deux pays reviennent sur leur décision liée à la cessation des activités de ce parc. « C’est également pour sauver des emplois », défendent-t-il, même si lui et ses collègues sont restés sans salaire en dépit de la reprise des activités du parc. Leurs deux lettres de réclamation sont restées sans suite.

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