En Mai, une inquiétante épidémie de SIDA était révélée dans la ville de Rotadero, province du Sinh au Pakistan et un praticien était mis en cause, le Dr Muzaffar Ghanghro. Près de 900 cas de séropositivité  avérés avaient été répertoriés chez des enfants dont plusieurs avaient moins de 12 ans, avec aucun antécédent chez leurs parents. Depuis les autorités pakistanaises interpelées réfléchissaient à une profonde refonte du système de santé du pays.

Une épidémie salvatrice ?

Le Dr Ghanghro, voyait après une enquête conjointe des autorités pakistanaises et de l’Organisation mondiale de Santé(OMS), son délit requalifié en « négligence professionnelle ». Le médecin arrêté était alors libéré sous caution. C’est que, sans vraiment y prêter attention le Dr Ghanghro, pédiatre, avait pris pour habitude de réutiliser des seringues usagées sur ses patients, des enfants.

« Je pratique la médecine depuis 10 ans. Et pas une seule personne ne s’est jamais plainte que je réutilisais des seringues » s’était récemment confié le pédiatre à un media internationale ajoutant en substance : « Les responsables de la santé étaient soumis à de fortes pressions ; ils avaient besoin d’un bouc émissaire pour dissimuler leur incompétence. Et ils m’ont accusé de tous les maux ».

De ce point de vue, le pédiatre n’aurait pas, de l’avis de bon nombre des professionnels de santé pakistanais, totalement tort. Pour nombre de praticiens, et de responsables gouvernementaux, la pandémie de Rotadero aurait mis à nu les mauvaises pratiques, notamment la réutilisation de seringues et d’aiguilles intraveineuses, ou la négligence dans le processus de stérilisation des outils qui étaient monnaies courantes dans le milieu et largement répandues à travers le Pakistan. C’était donc tout le système de Santé qui se devait d’être réorganisé.

Selon le Dr Fatima Mir, experte en maladies infectieuses pédiatriques à l’Université Aga Khan de Karachi ; et l’un des premiers professionnels à apporter son aide lors de l’épidémie à Ratodero, « La seule bonne chose à propos de l’éclosion de la pandémie, est qu’elle a mis à nu les multiples failles du système que le gouvernement, avec l’aide des agences de l’ONU, doit résoudre». En outre, pour Dr Mir,  le programme médical national se devait de désormais de donner la priorité à la lutte contre les infections, qui jusqu’ici constituerait un volet mineur de la formation des médecins.

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