L’ancien président tunisien Moncef Marzouki a exprimé ses préoccupations quant à l’état actuel de l’intégration maghrébine, soulignant que les peuples de cette région sont parmi les moins intégrés au monde. Contrairement à d’autres régions comme l’Europe, l’Asie ou certaines parties de l’Afrique qui ont réussi à élargir leur espace commun, le Maghreb reste fragmenté.
Marzouki a proposé une initiative innovante basée sur cinq libertés fondamentales : la libre circulation, la propriété, la résidence, le travail et le droit de vote municipal. Cette approche visait à renforcer les liens entre les pays maghrébins sans aborder directement les conflits politiques sensibles. Aujourd’hui toutefois, ce projet semble être assez loin d’être réalisable.
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Le projet a reçu le soutien du Maroc, de la Mauritanie et de la Libye, mais a été systématiquement bloqué par l’Algérie. Selon Marzouki, le régime algérien constitue le principal obstacle à l’intégration régionale, en conditionnant tout rapprochement à la résolution préalable du conflit territorial, concernant le Sahara occidental dont l’indépendance est soutenue coûte que coûte par l’Algérie.
L’ancien président a également critiqué le président tunisien actuel, Kaïs Saïed, l’accusant de rompre avec la tradition diplomatique de neutralité qui a permi à la Tunisie de toujours rester en dehors des bisbilles régionales. Historiquement, la Tunisie cherchait à jouer un rôle de médiateur entre le Maroc et l’Algérie sans prendre parti, une approche que Marzouki estime avoir été abandonnée.
Quel futur pour le rapprochement au Maghreb ?
Concernant le conflit du Sahara, Marzouki soutient le plan d’autonomie marocain comme une opportunité politique viable. Il considère cette solution préférable au statu quo actuel et appelle à une résolution définitive d’un conflit qui perdure depuis cinquante ans, tout en dénonçant les tentatives de création d’un hypothétique « sixième État » maghrébin.
