AES : le Niger sanctionne les transporteurs refusant de desservir le Mali

Le Niger et le Mali appartiennent à l’Alliance des États du Sahel (AES), une organisation créée avec le Burkina Faso pour renforcer leur coopération politique, sécuritaire et économique. Cette alliance repose notamment sur une solidarité active entre ses membres, en particulier face aux difficultés d’approvisionnement et aux défis sécuritaires. C’est dans ce cadre que Niamey a récemment pris une décision ferme à l’encontre de certains acteurs du transport routier ayant refusé de desservir le territoire malien rapporte Punch.

La mesure concerne plusieurs entreprises et chauffeurs nigériens qui n’ont pas accepté d’acheminer du carburant vers le Mali, alors que ce pays fait face à une pénurie persistante. Les autorités nigériennes estiment que cette attitude va à l’encontre des engagements pris dans le cadre des accords régionaux et des obligations professionnelles liées à l’activité de transport.

Sanctions du Niger contre les transporteurs de carburant vers le Mali

Le ministère nigérien des Transports a procédé au retrait des licences de 14 sociétés de transport et de 19 chauffeurs routiers. Ces sanctions font suite à leur refus de participer à l’acheminement de carburant vers le Mali, notamment en direction de Bamako.

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Le Niger, producteur de pétrole, avait prévu de mobiliser plus de 80 camions-citernes pour assurer la livraison de carburant sur un trajet de près de 1 400 kilomètres. Ce convoi devait circuler sous escorte militaire, en raison des risques sécuritaires le long de l’itinéraire. Malgré ces dispositions, certains transporteurs ont décliné la mission, invoquant des préoccupations liées à la sécurité ou aux conditions d’exploitation.

Pour les autorités, ce refus constituait une entrave à l’effort de soutien envers un pays partenaire confronté à des difficultés majeures d’approvisionnement. Les licences ont donc été révoquées afin de rappeler les responsabilités des opérateurs du secteur et de garantir la continuité du transport des ressources stratégiques.

Pénurie de carburant au Mali et enjeux sécuritaires régionaux

Le Mali traverse une période de forte tension sur le plan énergétique. Plusieurs villes ont vu leurs circuits d’approvisionnement en carburant perturbés après des actions menées par des groupes armés, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Ces attaques ont ciblé des axes logistiques essentiels, compliquant l’acheminement des produits pétroliers.

Cette situation a entraîné des difficultés pour les activités économiques, les services publics et les déplacements des populations. Face à ces contraintes, l’appui du Niger est apparu comme un levier important pour limiter les effets de la pénurie.

Les trois pays de l’AES, dirigés par des autorités militaires, font par ailleurs face à une intensification des violences dans plusieurs zones. La sécurisation des corridors de transport est devenue un enjeu central, aussi bien pour l’approvisionnement en carburant que pour la circulation des biens essentiels.

En choisissant de sanctionner les transporteurs réticents, Niamey affiche sa volonté de maintenir les flux logistiques vers le Mali, malgré les risques existants. Cette décision vise également à préserver la crédibilité des engagements régionaux et à éviter que les contraintes sécuritaires ne paralysent totalement les échanges entre États partenaires.

Une solidarité mise à l’épreuve

La révocation des licences marque une étape significative dans la gestion des relations économiques au sein de l’AES. Elle montre que la coopération entre les pays membres ne repose pas uniquement sur des déclarations politiques, mais aussi sur des mesures concrètes impliquant les acteurs privés.

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