CAN 2025 : rumeurs de morts, tensions entre le Maroc et le Sénégal

Au lendemain de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0), une polémique d’une ampleur inédite secoue les deux pays. La presse sénégalaise rapporte le décès d’un ressortissant sénégalais retrouvé sans vie à Rabat, tandis que les autorités marocaines démentent toute agression mortelle. Parallèlement, des rumeurs persistantes évoquent la mort d’un stadier grièvement blessé lors des échauffourées qui ont émaillé la rencontre. Cette escalade verbale et médiatique menace désormais de transformer une compétition sportive en crise diplomatique entre deux nations pourtant liées par des relations historiques étroites.

Un Sénégalais retrouvé mort à Rabat : versions contradictoires entre Dakar et Rabat

Plusieurs médias sénégalais ont annoncé lundi la découverte du corps sans vie de Cheikh Charles Diouf, un commerçant sénégalais établi au Maroc. Selon les informations relayées par Senegal7 et Exclusif.net, la victime aurait été retrouvée sur une plage de la capitale marocaine après la finale disputée dimanche soir au stade Prince Moulay Abdellah. Les proches du défunt, qui ont procédé à l’identification du corps à la morgue, affirment avoir constaté des traces suggérant des violences. Père de famille, l’homme n’avait plus donné signe de vie depuis la fin du match, ce qui avait poussé son épouse à alerter ses compatriotes présents à Rabat pour suivre la rencontre.

La Direction Générale de la Sûreté Nationale marocaine a toutefois opposé un démenti catégorique à ces informations. Selon Yabiladi et Le Desk, aucun ressortissant sénégalais n’aurait été assassiné à l’arme blanche sur le territoire national dans le contexte de cette finale. Cette divergence flagrante entre les récits sénégalais et la position officielle marocaine alimente une tension palpable sur les réseaux sociaux, où partisans des deux camps s’affrontent depuis plusieurs heures. Des compatriotes de la victime présumée appellent désormais les autorités des deux pays à faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce décès, réclamant une enquête transparente et impartiale.

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Stadier marocain blessé lors de la finale : une rumeur de décès non confirmée

L’autre foyer de tensions concerne l’état de santé d’un agent de sécurité marocain violemment pris à partie pendant les incidents survenus dans les tribunes. Lors du chaos qui a accompagné l’attribution controversée d’un penalty au Maroc dans le temps additionnel, des supporters sénégalais ayant envahi la pelouse ont lancé des sièges en direction des stadiers. L’un d’entre eux, grièvement atteint à la mâchoire selon Foot Mercato et Jeune Afrique, a dû être évacué sur civière sous les yeux des millions de téléspectateurs. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent la violence de l’agression subie par cet homme dans l’exercice de ses fonctions.

Depuis lors, une rumeur insistante circule quant au décès de ce stadier des suites de ses blessures. Plusieurs publications sur les plateformes numériques affirment qu’il aurait succombé, comme le rapporte SeneNews qui s’interroge sur cette rumeur, sans qu’aucune source officielle ne vienne corroborer cette information. Ni les autorités sanitaires marocaines, ni la Confédération Africaine de Football, ni les organisateurs de la compétition n’ont communiqué sur l’évolution de son état de santé. Cette absence de communication officielle contribue paradoxalement à nourrir les spéculations les plus alarmistes, dans un climat déjà délétère où chaque camp semble prompt à instrumentaliser le moindre incident.

Finale Sénégal – Maroc : retour sur une soirée de chaos au stade Prince Moulay Abdellah

La finale de cette trente-cinquième édition de la CAN restera gravée dans les mémoires pour des raisons bien éloignées de la seule dimension sportive. Alors que le score affichait toujours zéro partout dans les dernières minutes du temps réglementaire, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a d’abord annulé un but sénégalais pour une légère poussette sur Achraf Hakimi. Quelques instants plus tard, après consultation de la VAR, il accordait un penalty au Maroc pour un contact jugé litigieux entre El Hadji Malick Diouf et Brahim Diaz. Cette double décision a provoqué la fureur du camp sénégalais, poussant joueurs et staff technique à quitter temporairement la pelouse sur ordre du sélectionneur Pape Thiaw. Pendant près de vingt minutes, le chaos a régné dans l’enceinte rabataise : supporters sénégalais tentant d’envahir le terrain, jets de sièges en direction des stadiers, bagarres entre journalistes des deux pays en tribune de presse. Le capitaine Sadio Mané a finalement convaincu ses coéquipiers de reprendre le jeu, avant que Brahim Diaz ne manque son penalty en tentant une panenka captée par Édouard Mendy. En prolongation, Pape Gueye a offert la victoire aux Lions de la Teranga, déclenchant des scènes de liesse au Sénégal mais aussi une profonde amertume au Maroc.

Les répercussions de cette soirée tumultueuse ne cessent depuis de s’amplifier. Dix-huit supporters sénégalais et un supporter algérien ont été placés en garde à vue par les autorités marocaines pour des faits qualifiés de hooliganisme, selon La Nouvelle Tribune. La Fédération Royale Marocaine de Football a annoncé son intention de saisir la CAF et la FIFA pour obtenir des sanctions contre le comportement de l’équipe sénégalaise, comme le rapporte France Info. Le président de la fédération internationale, Gianni Infantino, a lui-même condamné des « scènes inacceptables », pointant spécifiquement la sortie de terrain des joueurs sénégalais. Cette accumulation de griefs réciproques, conjuguée aux annonces de décès contestées, fait craindre une détérioration durable des relations entre deux nations habituellement unies par des liens de fraternité. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour déterminer si les canaux diplomatiques parviendront à apaiser une situation qui prend désormais des proportions préoccupantes, bien au-delà des frontières du football africain.

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