Trois centrales haussent le ton. À Cotonou, elles somment la direction de la Société de radio et de télévision du Bénin de stopper une vague de licenciements annoncée sans préavis, dénonçant une procédure qu’elles qualifient d’arbitraire et contraire au droit du travail.
Déclenchée par l’annonce faite le 12 février lors d’une réunion interne, la riposte syndicale s’est matérialisée par une déclaration conjointe rendue publique samedi. Porté par la CSA-Bénin, la CGTB et l’UNSTB, le texte exige l’« arrêt immédiat de la procédure », la « réintégration sans délai des agents injustement ciblés » et l’ouverture de négociations formelles avec les représentants du personnel.
Dans le viseur : un calendrier qui prévoit des départs dès le 28 février. Les organisations décrivent des travailleurs informés sans préparation ni explication, parlant d’« une procédure d’une brutalité inacceptable ».
Une procédure contestée
Aucun critère de sélection communiqué, aucune commission paritaire constituée, absence de concertation préalable : les griefs s’accumulent. Les signataires évoquent une opération menée dans « une opacité totale » et affirment que les garanties prévues pour les licenciements collectifs n’auraient pas été respectées.
Selon leur lecture, la consultation obligatoire, la justification technique ou économique et le principe du contradictoire n’auraient pas été observés. « Rien, absolument rien, de ces garanties légales n’a été respecté », martèlent-ils, estimant que la mesure reposerait sur un fondement « totalement étranger » au droit positif béninois.
La charge déborde le seul terrain juridique. Les centrales soupçonnent une décision « téléguidée », exécutée par la direction sans marge d’autonomie.
La question du modèle économique
Au-delà des cas individuels, les syndicats ciblent l’orientation stratégique de l’entreprise publique. Ils réclament une réforme axée sur l’investissement, la formation et la modernisation des équipements, avec un processus participatif.
Leur argumentaire s’attaque à la logique financière avancée pour justifier les suppressions de postes. « Comment peut-on exiger du service public audiovisuel une rentabilité financière ? » interrogent-ils, rappelant que sa mission repose sur l’appui de l’État pour garantir l’accès universel à l’information.
En toile de fond, la transformation de l’audiovisuel public béninois nourrit les tensions sociales depuis la création de la SRTB issue de la fusion des médias d’État. La direction ne s’est pas encore publiquement exprimée sur ces accusations. Une échéance domine désormais le dossier : le 28 février, date annoncée pour l’entrée en vigueur des licenciements.

Comment peut-on exiger du service public audiovisuel une rentabilité financière ?
Ce sont les prémices d’un désengagement de l’Etat. Une privatisation en gestation.
Ces gens-là manquent d’humanité , sans états d’âmes.
Ce qui compte pour eux c’est la sélection de politiciens grassements payés par le tresor public pour servir les intérêts du corrupteur-né.
Je suis désolé pour les syndicalistes mais la décision vient d’en haut.
Malheureusement.
C’est gens-là aiment le Benin mais pas les Beninois.
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