Iran : plus de 300 avions américains déployés au Moyen-Orient face aux tensions

Washington aligne plus de 300 avions au Moyen-Orient face à Téhéran, mais Trump impose un délai avant d’actionner cette artillerie. Cette attente de dix à quinze jours redéfinit les contours d’une crise qui, depuis janvier, oscille entre affrontement et négociation.

Depuis le 13 janvier, Téhéran et Washington escaladent. Les manifestations iraniennes réprimées dans le sang ont provoqué des menaces militaires du côté américain. L’Iran a répliqué en se disant « prêt à la guerre ». Le ton montait.

Pour dire la détermination, Washington agit comme on le fait depuis 1945 : on accumule du métal volant. Plus de trois cent avions militaires stationnent désormais à travers le Moyen-Orient selon des renseignements open source. Le chiffre impressionne moins qu’il ne calcule.

Une force de frappe réorganisée

Ces avions ne sortent pas d’un chapeau. Selon les données, ils représentent environ 270 vols logistiques — des géants C-17 et C-5 cumulant depuis janvier — pour acheminer une force pensée dans ses détails. Soixante-dix pour cent composent la première ligne : 84 F-18E/F, 36 F-15E, 48 F-16 de diverses variantes, 42 F-35. Le reste constitue l’écosystème de la puissance : 18 avions de guerre électronique EA-18G, 12 appareils A-10C pour l’appui rapproché, une batterie de radars E-3 AWACS et E-11A BACN, des ravitailleurs KC-46 et KC-135.

Publicité

Aucun B-2 détecté. Washington réserve son atout ultime. Les machines s’entassent à trois points : la base qatarie d’Al-Udeid, Muwaffaq Salti en Jordanie, Prince Sultan en Arabie Saoudite. Les porte-avions Abraham Lincoln et Gerald R. Ford embarquent leurs propres escadres. À cela s’ajoutent les systèmes Patriot et THAAD, transformant le Golfe en camp retranché.

Le pari de l’immobilisme

Trump s’est donné dix à quinze jours pour trancher. Une réflexion qui surprend dans un environnement de brut militaire. Pendant ce temps, une nouvelle ronde de négociations se profile à Genève, avec Oman jouant les intermédiaires. Téhéran affirme entrevoir « de bonnes chances » d’accord, tout en gardant son droit de riposter en cas de frappe.

L’enjeu : l’uranium. Washington exige un « zéro enrichissement ». Les discussions explorent la possibilité d’un enrichissement « symbolique et limité ». C’est là que se nouent les vraies lignes. Le président américain Donald Trump a affirmé que l’Iran « travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États‑Unis » et qu’il ne permettra « jamais » à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, tout en assurant qu’il « privilégie la voie diplomatique ». En réponse, l’Iran a rejeté ces accusations, qualifiant de « gros mensonges » les affirmations américaines sur son programme de missiles et son activité nucléaire. Trois cents avions au parking, deux chancelleries qui parlent. Washington a maintenant le délai pour décider si cette force demeure une menace ou devient une arme.

Laisser un commentaire