Dans la nuit du 28 au 29 janvier, l’aéroport international Diori Hamani de Niamey au Niger a été la cible d’une violente attaque armée, marquée par des explosions et des échanges de tirs autour des installations, y compris la base aérienne adjacente. Les forces armées nigériennes ont repoussé l’assaut, neutralisant plusieurs assaillants et procédant à des arrestations, tandis que certains appareils au sol ont subi des dommages. Dans la foulée, le président nigérien Abdourahamane Tiani a critiqué plusieurs dirigeants étrangers, dont celui de la France et d’autres de sous-région pour leur rôle présumé dans cet assaut. Cette déclaration a provoqué au Mali des répercussions judiciaires suite à la publication d’une analyse critique dans la presse.
Arrestation de Youssouf Sissoko après un article sur le général Tiani
Le jeudi 5 février 2026, Youssouf Sissoko, directeur de L’Alternance, a été arrêté et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Bamako. Il fait l’objet de poursuites pour « atteinte au crédit de l’État », « offense à un chef d’État étranger » et « diffusion de fausses informations ». Ces actions interviennent après la diffusion d’un article critiquant les propos du président nigérien Abdourahamane Tiani à la suite de l’attaque de l’aéroport de Niamey, revendiquée par l’État islamique au Sahel.
Dans le cadre de cette attaque, le général Tiani a accusé plusieurs dirigeants étrangers, dont Emmanuel Macron et certains présidents de la sous-région, de liens présumés avec l’événement. Ces déclarations ont été relayées à la télévision nigérienne. L’article de L’Alternance avait pour objectif d’analyser et de critiquer ces propos, en soulignant leurs enjeux politiques, ce qui a conduit à l’arrestation de Sissoko.
Relations Mali – Niger et implications pour la presse
Le Mali et le Niger sont membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération créée par leurs gouvernements avec le Burkina Faso pour renforcer leurs relations diplomatiques, militaires et économiques. Cette alliance vise à mutualiser leurs efforts contre les menaces sécuritaires, notamment le terrorisme, et à coordonner des opérations conjointes, notamment au travers d’une force militaire unifiée de plusieurs milliers d’hommes répartis entre les trois pays. L’AES a également installé un état‑major à Niamey et prévoit une coopération approfondie dans la défense, la diplomatie et le développement, reflétant un engagement des autorités malienne et nigérienne à coordonner leurs politiques face aux défis régionaux.
Le procès de Youssouf Sissoko a été fixé au 9 mars 2026. Les propos critiques envers le président Tiani ont été considérés comme problématiques par les autorités maliennes. Les prochains jours devraient éclairer les conséquences de cet épisode.


