Vingt‑cinq combattants d’autodéfense ont été tués jeudi 26 février dans des embuscades attribuées à des « terroristes » dans la commune rurale d’Anzourou, à l’ouest du Niger, à proximité de la frontière malienne. Ces volontaires d’autodéfense, originaires des villages de Doukou Makani, Doukou Djindé, Doukou Saraou et Doukou Koirategui, ont perdu la vie au cours d’attaques coordonnées qui ont également fait trois blessés évacués vers les hôpitaux de Tillabéri et de Niamey. Les faits ont été corroborés par un responsable d’une association de ressortissants de la région et un ancien maire de la commune.
La vaste région de Tillabéri, qui s’étend sur quelque 100 000 km² et borde la zone dite des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso, est l’un des secteurs les plus instables du Sahel central depuis plusieurs années. Les groupes djihadistes y multiplient attaques et embuscades contre des civils et des forces de sécurité.
Multiplication des attaques meurtrières à la frontière malienne
Ces dernières années, des violences répétées ont endeuillé l’ouest du Niger. En janvier 2026, une attaque armée dans la préfecture de Gorouol aurait fait au moins trente-et-un civils tués. En mars 2025, l’attaque d’une mosquée à Fambita a causé au moins quarante-quatre morts parmi les fidèles. En juin 2025, les combattants de l’État islamique au Sahel ont frappé le village de Manda, entraînant plus de soixante-dix victimes civiles, tandis que dans la même période, une offensive à Banibangou contre une base militaire a fait un nombre similaire de morts parmi les soldats.
Réponses des autorités et conséquences locales
Face à l’intensification des violences, les autorités nigériennes ont encouragé la formation de groupes d’autodéfense locaux pour épauler les forces régulières dans la protection des populations. Ces groupes d’autodéfense civils sont mobilisés pour soutenir les patrouilles et sécuriser certains axes routiers, bien qu’ils ne soient pas intégrés dans la hiérarchie militaire officielle. La persistance des attaques a conduit à une mobilisation générale des ressources humaines et matérielles pour renforcer la lutte contre les groupes armés. Pour les communautés locales, ces violences se traduisent par des déplacements, des pertes de moyens de subsistance et une insécurité accrue sur les routes et dans les zones rurales isolées.
Défis sécuritaires à venir
Les autorités ont mis en place des mécanismes afin d’optimiser la coordination avec les forces d’autodéfense et favoriser le maillage sécuritaire dans certaines zones sensibles. Pour le moment, aucune revendication claire n’a encore été faite par un groupe armé dans l’attaque d’Anzourou et l’identité des assaillants reste à établir avec précision. Alors que la saison des opérations actives se poursuit dans les zones frontalières, les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’évolution du dispositif de sécurité nigérien et les risques encourus par les populations civiles dans l’ouest du pays.

