Des coups de feu ont été entendus dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars 2026 aux abords de la présidence du Faso à Ouagadougou. L’incident, survenu peu après minuit dans un périmètre hautement sécurisé, a suscité des interrogations sur la situation sécuritaire dans la capitale dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè.
Les détonations ont été perçues dans plusieurs quartiers proches du palais présidentiel, déclenchant des alertes sur les réseaux sociaux informe RFI. Des membres du mouvement des « Wayiyans », qui soutiennent les autorités de transition, ont d’abord évoqué la possibilité d’une tentative de renversement du pouvoir, avant de revenir sur cette hypothèse dans une vidéo diffusée quelques heures plus tard.
Une origine liée à un incident matériel évoquée
D’après les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), l’origine des tirs serait liée à un incident impliquant un véhicule. « Tout serait parti d’un tir sur un véhicule dans lequel était entreposé des produits inflammables », indique une source sécuritaire citée par la radio. Le projectile aurait provoqué un départ de feu, entraînant des explosions et des détonations entendues à proximité.
Aucune communication officielle détaillée n’a été publiée par la présidence du Faso sur les circonstances exactes de l’événement. Les éléments disponibles reposent principalement sur des informations relayées par des médias internationaux et des témoignages indirects.
Des tensions internes évoquées au sein de l’armée
Toujours selon RFI, l’incident pourrait être lié à des dissensions internes dans les forces armées. La source sécuritaire citée par le média évoque des désaccords entre militaires sur la conduite des opérations face aux groupes armés. Plusieurs unités de l’armée burkinabè ont été ciblées ces dernières semaines par des attaques attribuées à des groupes jihadistes actifs dans le pays. Cette pression sécuritaire alimente des débats au sein de la hiérarchie militaire sur les stratégies à adopter.
Le Burkina Faso est engagé depuis plusieurs années dans une lutte contre des groupes armés qui contrôlent une partie du territoire. Selon des données rendues publiques par les autorités de transition, une proportion significative du pays échappe encore au contrôle de l’État, malgré les opérations militaires en cours.
Des précédents récents dans la capitale
Ce type d’incident n’est pas inédit dans la capitale burkinabè. En septembre 2023, des tirs avaient déjà été entendus à Ouagadougou, notamment dans des zones sensibles, alimentant des rumeurs similaires de tentative de coup de force. À l’époque, les autorités avaient également démenti toute action visant à renverser le pouvoir, tout en reconnaissant un climat de tensions internes. Plusieurs arrestations avaient été opérées dans les rangs militaires dans les semaines suivantes, selon des annonces officielles.
Depuis la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a connu plusieurs alertes sécuritaires internes, dans un contexte marqué par des réorganisations régulières au sein des forces de défense et de sécurité.

