FIFA : comment Gianni Infantino compte mettre fin au racisme dans le football

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, a détaillé dimanche 1er mars auprès de Sky News une nouvelle stratégie disciplinaire visant à combattre le racisme dans le football. Cette approche combine des mesures punitives renforcées et une possibilité d’allègement de peine pour les auteurs d’insultes discriminatoires qui présentent des excuses publiques.

La proposition intervient quelques semaines après l’incident du match de barrage de Ligue des champions opposant Benfica au Real Madrid. Lors du match aller de Ligue des champions entre les deux équipes, Vinicius Junior a été victime d’insultes racistes de la part de Gianluca Prestianni, confirmées par Kylian Mbappé. Après la plainte de Vinicius auprès de l’arbitre François Letexier, le protocole antiracisme de la FIFA a été activé, entraînant une interruption du match d’environ dix minutes. L’UEFA a suspendu Prestianni pour comportement discriminatoire, malgré sa défense prétendant que ses propos étaient homophobes et non racistes. Parallèlement, Gabriel Otamendi a été enquêté pour avoir partagé sur les réseaux un montage offensant associant Vinicius à un primate.

Des sanctions adaptées selon l’excuse présentée

Infantino souhaite réduire la suspension minimale de dix matchs imposée actuellement aux joueurs responsables de discrimination. Cette réduction concernerait les cas où le fautif reconnaît explicitement son acte et s’excuse publiquement. Le président de la FIFA soutient que cette flexibilité pourrait encourager une responsabilisation immédiate des contrevenants, plutôt qu’une escalade disciplinaire.

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« On peut faire des erreurs qu’on regrette et dont on s’excuse, ensuite les sanctions doivent différencier ces situations », a déclaré Infantino aux médias. Cette position s’oppose au système binaire traditionnel qui applique les mêmes peines quel que soit la situation.

Expulsion pour gestes de provocation

Le président de la FIFA a également annoncé son intention de renforcer les règlements concernant les gestes considérés comme offensants. Les joueurs qui se couvrent la bouche lors de confrontations avec leurs adversaires pourraient être expulsés, une mesure visant à prévenir les gestes de dérision ou de provocation à caractère discriminatoire.

Infantino a rejeté l’argument selon lequel le racisme relève avant tout d’une problématique sociétale qui échappe au contrôle du football. Le chef de l’instance mondiale a exhorté les fédérations à assumer leur rôle régulateur : « C’est une responsabilité que nous devons assumer sans excuses », a-t-il indiqué.

Un changement culturel plutôt que punitif

Au-delà des seules modifications disciplinaires, Infantino a insisté sur la nécessité de transformer la culture du football professionnel. Cette réorientation passe par l’éducation des joueurs, arbitres et officiels, et par la création d’un environnement où les comportements discriminatoires deviennent socialement inacceptables au sein des clubs et des compétitions. Ces mesures sont encore au stade primaire et doivent être analysées afin d’être intégrées aux statuts de la FIFA avant leur application officielle.

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