Jeunesse béninoise sous l’emprise des psychotropes: Il est temps de fermer les vannes de l’importation

Le réveil a été brutal cette semaine pour les réseaux de trafiquants et de cybercriminels dans la commune d’Ouidah. Alors que le pays s’interroge sur la montée de l’insécurité et la déshérence d’une partie de sa jeunesse, le commissariat de Pahou a frappé un grand coup. Entre le 16 et le 17 mars 2026, une série d’opérations musclées a permis de mettre à nu des réseaux organisés de vente de produits psychotropes. Mais au-delà de l’action policière, un cri de ralliement s’impose : pour sauver la jeunesse, il faut désormais prendre le taureau par les cornes et verrouiller les frontières à ces poisons venus d’ailleurs.

Agissant sur la base de renseignements précis, les forces de l’ordre ont investi les villages de Satchacodji, Houndjava, Kpovié et Adovié. Le bilan est sans appel : treize individus interpellés, des points de vente démantelés au cœur même des domiciles et des cafétérias de quartier. Le butin saisi lors de ces perquisitions dessine le portrait d’un fléau hybride. D’un côté, la drogue : 36 plaquettes et 72 comprimés de Tramadol et dérivés, accompagnés de 192 boulettes de chanvre indien (plus de 400 grammes). À cela s’ajoute une somme de 277 255 FCFA, fruit de ce commerce de la mort. Cette opération n’est pas un cas isolé, mais le reflet d’une gangrène qui s’étend. Si la police fait son travail avec bravoure sur le terrain, une question demeure : comment ces milliers de comprimés de Tramadol, produits hors de nos frontières, finissent-ils par empoisonner les cafétérias de nos villages les plus reculés ?

L’urgence de fermer les « issues de la mort »

Le constat est amer. Le Bénin ne produit pas ces substances psychotropes de synthèse. Elles entrent par nos ports, nos aéroports, et surtout par nos frontières poreuses. Le Tramadol, détourné de son usage médical, est devenu le carburant d’une jeunesse qui cherche l’oubli ou la force de braver l’interdit. « On ne peut pas se contenter de vider l’eau d’une barque qui fuit sans boucher le trou. »

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