Un mémo interne du Département d’État américain vient de mettre un visage sur ce que des ONG décrivent comme un chantage d’État : des antirétroviraux contre du cuivre. L’administration Trump envisage de suspendre l’aide médicale destinée aux malades du VIH en Zambie pour contraindre Lusaka à ouvrir ses mines aux entreprises américaines. La stratégie, révélée le 16 mars 2026 par le New York Times sur la base d’un mémo interne du Département d’État, fixe une échéance au 1er avril 2026.
Le document, préparé par le bureau Afrique à l’attention du secrétaire d’État Marco Rubio, formule explicitement l’approche : « We will only secure our priorities by demonstrating willingness to publicly take support away from Zambia on a massive scale. » L’accord proposé offrirait à la Zambie 1 milliard de dollars d’aide sanitaire sur cinq ans — moins de la moitié de ce que le pays percevait avant janvier 2025 — en échange d’un accès des compagnies américaines aux réserves nationales de cuivre, cobalt et lithium, ainsi que de réformes réglementaires dans le secteur minier.
1,3 million de patients sous pression
Environ 1,3 million de Zambiens dépendent quotidiennement des antirétroviraux financés par le PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief), le programme américain de lutte contre le sida lancé en 2003 par George W. Bush. Le mémo envisage également la suspension des médicaments contre la tuberculose et le paludisme. Selon le New York Times, les premières coupes pourraient intervenir dès le mois de mai si aucun accord n’est signé d’ici la date butoir.
L’ONG Oxfam America a dénoncé une tactique consistant à transformer « l’aide humanitaire en monnaie d’échange », au risque d’annuler deux décennies de progrès en santé publique. Des militants pro-PEPFAR ont manifesté le 5 mars devant le Congrès à Washington pour exiger le maintien intégral du financement.
Lusaka maintient son refus
La Zambie avait rejeté une première version de l’accord en février 2026, son ministère de la Santé jugeant les conditions incompatibles avec les intérêts nationaux. Le président Hakainde Hichilema a depuis affiché sa volonté de « prendre soin de ses propres affaires », sans signal d’inflexion depuis la publication du mémo.
Le cuivre représente entre 70 et 75 % des recettes d’exportation zambiennes. Selon les données de l’ONU, 62 % du commerce de cuivre brut du pays est orienté vers la Suisse, relativisant l’argument géopolitique anti-chinois invoqué par Washington pour justifier l’accord. Si aucune entente n’est conclue avant le 1er avril 2026, l’administration américaine suspendrait l’ensemble de l’aide sanitaire au pays.


Le cynisme de Donald Trump est sans limite. Ce chantage est teinté de racisme assumé.
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