Aliko Dangote, président-directeur général du groupe Dangote et homme d’affaires le plus riche d’Afrique, a appelé jeudi les gouvernements africains à instaurer la libre circulation sans visa pour tous les ressortissants du continent. Il s’exprimait lors de l’Africa We Build Summit 2026, forum de haut niveau organisé à Nairobi par l’Africa Finance Corporation (AFC) en partenariat avec le gouvernement kényan, et qui a réuni des chefs d’État, des décideurs politiques et des acteurs du secteur privé.
Un passeport africain moins mobile qu’un passeport européen
Le milliardaire nigérian a mis en cause le déséquilibre actuel de la mobilité intra-africaine. Un ressortissant européen accède aujourd’hui à davantage de pays africains sans visa qu’un citoyen du continent lui-même. « Pourquoi ne peut-on pas instaurer la liberté de circulation pour tous les Africains ? Si nous ne le faisons pas, il sera difficile de commercer avec quelqu’un chez qui l’on ne peut pas se rendre facilement », a-t-il déclaré devant l’assemblée.
Dangote avait déjà soulevé ce problème publiquement en 2025, révélant avoir dû obtenir 35 visas distincts pour ses déplacements professionnels sur le continent avec son passeport nigérian.
Un obstacle structurel à la Zone de libre-échange continentale africaine
La question de la mobilité des personnes constitue l’un des points de blocage majeurs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), entrée en vigueur en janvier 2021. Si l’accord couvre la circulation des biens et des services entre les 54 États signataires, le volet relatif à la libre circulation des personnes reste subordonné à des négociations distinctes menées dans le cadre de l’Union africaine, sans calendrier contraignant arrêté à ce jour.
L’appel de Dangote a été relayé au cours du même sommet par Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC, qui a estimé que l’intégration régionale devait dépasser les infrastructures physiques pour englober les systèmes financiers et les cadres réglementaires.
Le sommet de Nairobi doit se conclure par une série de recommandations transmises aux gouvernements participants. Aucune décision contraignante sur la suppression des visas n’a été annoncée à l’issue des travaux.



