Algérie : Retailleau répond à Macron sur les « mabouls » en listant OQTF, accords de 1968 et Gleizes

Emmanuel Macron a qualifié ce lundi 27 avril de « mabouls » les partisans d’une ligne dure envers Alger, lors d’une visite à l’hôpital de Lavelanet, en Ariège. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a publié quelques minutes plus tard une réponse sur X, rejetant ce qu’il qualifie de « faux prétexte ».

Le président de la République s’exprimait devant un médecin originaire d’Oran, dans le cadre d’un déplacement consacré aux déserts médicaux et à la réindustrialisation. Évoquant les lourdeurs administratives imposées aux praticiens diplômés hors Union européenne — le dispositif dit PADHUE —, il a interpellé ses contradicteurs : « Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie. » Au 1er janvier 2025, selon les statistiques de l’Ordre des médecins, 38,8 % des 19 154 praticiens diplômés hors UE exerçant en France sont issus d’universités algériennes, faisant de l’Algérie le premier pays d’origine de cette catégorie.

Retailleau déplace le débat sur la sécurité et la souveraineté

Retailleau a refusé de laisser le terrain médical absorber l’ensemble du différend franco-algérien. Il énumère quatre points distincts : le maintien sur le territoire français de centaines d’OQTF que le gouvernement algérien refuserait de reprendre en violation, selon lui, des accords bilatéraux de 1994 ; les activités des services de renseignement algériens sur le sol français ; la détention du journaliste français Christophe Gleizes en Algérie ; et les avantages accordés aux ressortissants algériens par les accords de 1968, jugés déséquilibrés au regard des obligations non respectées par Alger.

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Un contentieux diplomatique persistant

Les accords de 1968, signés trois ans après l’indépendance algérienne, accordent aux ressortissants algériens un statut dérogatoire au droit commun des étrangers en France, notamment en matière de séjour et de travail. Leur révision figure depuis plusieurs années dans les revendications d’une partie de la droite française, sans qu’aucun gouvernement n’ait engagé de renégociation formelle. La condamnation en Algérie de l’écrivain Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, à laquelle Retailleau reproche à Macron de n’avoir pas réagi publiquement, constitue le dernier épisode d’une série de frictions qui marquent la relation bilatérale depuis 2021.

L’Élysée n’avait pas répondu aux déclarations de Retailleau au moment de la publication de cet article.

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