Plus de cinq Espagnols sur dix considèrent le Maroc comme une menace militaire pour leur pays, selon un sondage publié le 19 avril 2026. Cette perception dépasse celle envers Israël et reflète les tensions autour du détroit de Gibraltar et du statut des enclaves espagnoles.
L’institut SocioMétrica a interrogé 1 712 Espagnols en âge de voter entre le 15 et le 18 avril 2026 pour le compte du journal El Español. Ses résultats montrent un fossé significatif : 57,6% des sondés perçoivent le Maroc comme une menace militaire majeure, contre 52,1% pour Israël. Avec une marge d’erreur de ±3%, ces chiffres indiquent une préoccupation prononcée vis-à-vis du voisin méridional.
Une modernisation militaire sans précédent au Maroc
Cette inquiétude des citoyens espagnols coïncide avec une montée en puissance avérée des capacités défensives marocaines. Le royaume nord-africain a augmenté son budget militaire à 13,3 milliards de dollars en 2025, représentant le deuxième effort de défense du continent africain. Cette progression budgétaire s’accompagne d’acquisitions massives d’équipements modernes : hélicoptères de combat Apache AH-64E, drones de surveillance avancés et systèmes d’armement guidés.
Classé 56e mondiale en puissance militaire en 2026, le Maroc s’est hissé à la sixième place africaine selon le Global Firepower Index, dépassant l’Angola. Cette trajectoire ascendante, étalée sur plusieurs années, traduit un projet de restructuration globale des forces terrestres, aériennes et navales marocaines, dont certains éléments impliquent des partenariats technologiques avec des entreprises de défense israélienne, notamment Elbit Systems.
Le Moyen-Orient constitue un cadre moins prioritaire pour Madrid
Les forces de défense israéliennes, bien que 15ᵉ puissance militaire mondiale avec un budget de 49,8 milliards de dollars en 2026, demeurent engagées dans des conflits régionaux de longue durée, notamment l’escalade de février 2026 avec l’Iran, réorientant ainsi des moyens considérables vers le Moyen-Orient. Tsahal fait face à des défis importants : manque de personnel, mobilisation massive de réservistes et tensions politiques internes. Cette situation contraste avec la montée en puissance méthodique du Maroc, perçue comme plus directement adjacente aux préoccupations sécuritaires espagnoles.
La proximité géographique du Maroc, l’intensification de ses capacités militaires et les enjeux de souveraineté autour du détroit de Gibraltar expliquent probablement cette hiérarchie des menaces perçues par les électeurs espagnols. Le sondage évalue la menace non seulement sur la puissance militaire absolue, mais aussi sur la capacité d’un voisin à projeter la force à proximité immédiate de leur territoire.



